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Thèmes de la vie quotidienne (Infrastructures et Transport)

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Voici un petit abécédaire pour aider à prendre le pouls de ce pays grand comme quatre fois la France. Comme lors de mes séjours au Pérou (2015-2016) et en Haïti (2016-2017), je reprendrai ce thème de temps en temps pour vous informer sur mes découvertes et peut-être... changer d´angle de vue sur ces différents thèmes ?

Infrastructures


Six mois après mon arrivée : Dans ce domaine également, par rapport à ce que j'ai pu observer et contrairement à ce que j'ai entendu à plusieurs reprises, je suis loin d'être dans un pays tiers-mondiste. Le réseau routier est à la hauteur des standards européens, en tout cas pour les grands axes. Lorsque la qualité des routes se dégrade, les travaux ne tardent pas. Ceci dit, en saison des pluies, les routes se dégradent rapidement. Je n'ai pas eu l'occasion d'emprunter souvent le réseau secondaire, aussi par question de sécurité, mais le peu que j'ai aperçu jusque là confirme cette impression de qualité. La conduite s'effectue à droite comme chez nous et le volant est situé aussi à gauche. Mais, sans atteindre la dimension et l'omniprésence des véhicules tout terrain d'Haïti, les véhicules sont assez massifs ici. Est-ce par rapport à la présence de trous sur la route (les regards d'assainissement sont souvent légèrement enterrés) ? Est-ce la volonté de se déplacer rapidement sur tous les terrains ? Les voies secondaires, voire tertiaires, sont rapidement converties en pistes plus ou moins carrossables. Et si le goudron est présent sur tous les axes majeurs et secondaires, le bitume laisse souvent la place à la terre poussiéreuses dans les colonias populaires ou les petits villages de campagne. 

La signalétique, souvent sur fond vert ou blanc (un rapport avec le drapeau national ?) apparaît plus simpliste qu'en France mais les Mexicains utilisent largement le GPS (Waze est bien répandu) et s'orientent avec. C'est là que le bât blesse : le tracé du réseau routier est pour le moins discutable et la sensation de sécurité, donnée par l'état global des routes, est remise en question à ce niveau. Sur la route de San Miguel de Allende, par exemple, la direction de Mexico City est indiquée tardivement et peut prêter à confusion au moment de tourner. Plus généralement, il y a beaucoup de commerces situés juste à proximité des grands axes routiers (alimentaire et stations service notamment) et il n'y a pas de voie aménagée pour y avoir accès. Il suffit d'un peu d'attente et très rapidement les clients qui souhaitent se rendre sur ces types de commerces peuvent empiéter sur la voie principale, ce qui génère un peu de stress.

A Santiago de Querétaro, j'ai découvert une invention routière que je n'avais encore jamais rencontrée en une quinzaine de pays visités. Ici les boulevards ont parfois la taille d'autoroutes à quatre voies, et pour "faciliter" les demi-tours, il est possible d'emprunter la file de gauche et attendre les retorno. Dans un trafic dense, avec une vitesse maximale autorisée à 80 km/h, il faut s'y prendre à l'avance pour choisir la bonne file et redescendre quasiment à l'arrêt, puisque le retorno, ou retournement, vous envoie ensuite sur la voie d'accès dans l'autre sens ! Il y a une voie d'insertion mais, au lieu de rentrer sur la file de droite, vous tentez de rentrer sur la file de gauche... soit la plus rapide de toutes. 

Sur la route entre San Miguel de Allende et Guanajuato

Sur la route entre San Miguel de Allende et Guanajuato
24 décembre 2025

Transport


Six mois après mon arrivée : Peut-être plus encore que pour les autres catégories, je vais me montrer mesuré du fait de mon expérience très relative qui s'étend jusque-là de Guanajuato à Cuernavaca. Dans ce domaine, la route domine clairement par rapport aux autres moyens de transport. Les gares routières sont plutôt modernes et ouvertes 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Les deux compagnies de bus que j'ai empruntées jusque là, Primera Plus (trajet Mexico City - Santiago de Querétaro) et ETN (trajet Santiago de Querétaro - Cuernavaca) offrent un service sûr, confortable et de qualité. Chez ETN, le siège est nettement inclinable ce qui permet de dormir d'une manière relativement confortable et de prolonger la nuit, si le trajet est nocturne, sans arriver en étant complètement épuisé par la route. ETN propose un bus à étage - qui tangue un peu au moment de passer un col à plus de 3 000 mètres d'altitude - avec des toilettes au rez-de-chaussée dignes d'un train. Dans les deux cas, il est difficile de rencontrer le chauffeur et encore moins de lui tenir la conversation pendant le trajet : comme au Pérou, la préoccupation pour la sécurité est prédominante et la porte fermée est sans doute un moyen de dissuader de toute agression armée, du moins de la part des passagers. Mais pour les malades de la route, comme l'auteur de cet article, il faut prendre son mal en patience pour arriver à destination...

Dans un pays grand comme quatre fois la France, l'autre moyen de transport majoritairement utilisé est, bien sûr, l'avion. Le Mexique dispose de nombreux aéroports et les distances sont importantes d'un point à un autre ; par exemple, pour relier La Paz, en Basse-Californie, à Cancún, sur le golfe du Mexique. Lorsqu'ils le peuvent, les Mexicains préfèrent prendre l'avion plutôt que le bus ou la voiture, notamment pour éviter la fatigue engendrée par de tels temps de trajet. L'aéroport de Mexico (Benito Juárez) permet d'avoir des connexions avec toutes les grandes capitales internationales, notamment via la compagnie nationale Aeroméxico, mais aussi avec toutes les compagnies européennes et américaines majeures. Cela dit, si Aeroméxico propose un service de qualité, elle est réputée pour être relativement chère. L'aéroport de Mexico est actuellement en travaux : il vaut donc mieux s'y prendre à l'avance pour voyager, même si le passage de l'entrée à l'embarquement reste relativement rapide.

À une échelle beaucoup plus réduite, les transports urbains peuvent être encore davantage développés. À Mexico, compte tenu de l’immense extension de la ville et surtout du risque sismique, le développement des réseaux urbains est un défi. Mais d’après Adriana, qui a vécu plusieurs années dans la capitale, la vie sans voiture est tout à fait possible et pratique dans certains quartiers du « monstre », grâce aussi à la très grande variété et qualité des services proposés.

À Santiago de Querétaro, si le Qrobús couvre toute l’agglomération, il manque à mon goût de services alternatifs comme le tramway ou le métro, qui pourraient surtout désengorger les grands axes surchargés, notamment aux heures de pointe. Les taxis et leurs concurrents Uber, très développés et visiblement tolérés, peuvent vous transporter d’un point à un autre de la ville grâce à l’application pour des tarifs, bien sûr, plus élevés que les transports en commun, mais le gain de temps est sans commune mesure. J’ai testé ce service à Mexico, Santiago de Querétaro et Cuernavaca, en tombant sur tous les types de chauffeurs : du pressé au patient, de l’historien au muet, mais je suis toujours arrivé à destination en sécurité.

Que dire du prix de l’essence ? Mis à part dans certains hypermarchés Costco, un ou une pompiste vous sert et le compteur s’emballe rapidement. Normal, c’est en pesos ! Une rapide conversion en calcul mental et j’en ai déduit que le prix de l’essence avoisinait les 1,20 euro. Rien de comparable avec un pays producteur comme l’Algérie, mais cela reste nettement moins élevé qu’en métropole, surtout en période de crise.

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