Thèmes de la vie quotidienne (Santé, Société et Sports)
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Voici un petit abécédaire pour aider à prendre le pouls de ce pays grand comme quatre fois la France. Comme lors de mes séjours au Pérou (2015-2016) et en Haïti (2016-2017), je reprendrai ce thème de temps en temps pour vous informer sur mes découvertes et peut-être... changer d´angle de vue sur ces différents thèmes ?
Santé
Six mois après mon arrivée : Je vais distinguer mon expérience vécue avec les échos que j´ai pu obtenir de la part des Mexicains. À ce jour, je n'ai fréquenté que deux établissements de santé : Fisioprime à El Refugio et le docteur Escoto dans le centre de Santiago de Querétaro, chacun à deux reprises. De plus, j'ai eu droit à une séance de massage corporel complet à San Miguel de Allende, près de la Casa Cecilia. Ces séances ont été prévues davantage dans le but de récupérer physiquement, notamment au niveau musculaire, mais aussi de bénéficier d'une certaine tonification. Je peux dire que, dans tous les cas, le rapport qualité-prix est excellent. Les professionnels de santé ont été à l'écoute et pas avares de conseils. La prise en charge a toujours été réalisée dans un cabinet rassurant, même si le fort taux de roulement (turnover) ou les pratiques du Dr Escoto — qui rappellent davantage celles d'un kinésithérapeute — peuvent parfois surprendre.
Dans mon environnement, le Mexique ne manque pas de praticiens et est aussi très ouvert à la pratique en ligne. De ce côté, le pays n'a rien à envier au mien. Mais avec cette richesse de propositions, les gens peuvent légitimement se demander qui choisir et où aller pour se faire soigner. À en croire les locaux, il y a de très bons hôpitaux et de moins bons, de très bons dentistes et de moins bons, de très bons physiothérapeutes et de moins bons... La qualité a un prix.
Comme WhatsApp est très développé ici et que les Mexicains n'hésitent pas à l'utiliser ouvertement, les recommandations peuvent aller très vite, et ce bouche-à-oreille numérique fonctionne bien. De mon côté, sur ce sujet, je croise bien sûr les doigts pour ne pas avoir trop à raconter mon expérience personnelle, car c'est bien connu : la santé, moins on en parle, mieux on se porte...
Premières boutiques de El Refugio Mall
Santiago de Querétaro (13 janvier 2026)
Société
Six mois après mon arrivée : Je suis face depuis le départ à un autre continent, à une autre langue, à une autre culture. En ayant effectué le chemin de Compostelle, Adriana a pu mesurer le caractère "direct" des Européens, directement lié à notre mode de fonctionnement et à la notion du temps. Pour nous, et encore davantage dans le monde du travail, nous enchaînes les activités les unes après les autres comme un agenda qu'il faut remplir. Et davantage encore si nous sommes pressés. Ici, la notion du temps est bien différente : les Mexicains ont l'habitude de prendre le temps, non pas qu'il faille traîner pour aller au travail, mais la journée peut bien s'étendre et la différence entre milieu personnel et milieu professionnel semble parfois moins nette. Bien sûr, cette réalité dépend de nombreux facteurs et ne peut constituer une généralité.
Après le rapport au temps, celui lié à la famille. J'avais déjà souligné le fait de l'importance du tissu familial dans la société espagnole, et comme j'ai pu le constater aussi dans les dutres pays latino-américains, cette notion est fondamentale. Il n'est pas rare de retrouver plusieurs générations dans un même foyer et la place réservée aux anciens est à souligner.
Pour honorer la mémoire de leurs ancêtres, les Mexicains disposent un altar dans leur maison, une sorte d’endroit réservé à un proche disparu. Toutes les formes de rituels sont envisageables pour honorer la personne et il n’y a pas de date particulière, mais c’est une manière de rendre présent le défunt en lui attribuant une place au sein du foyer. La Fête des morts est une institution, mais, arrivé le 18 novembre dernier dans le pays, je n'ai pas encore eu l'occasion de la vivre. Le rapport à la vie et à la mort est ainsi très différent du nôtre. La mort est vue comme une continuité, un changement d’état, une transcendance, et ne constitue pas une fin en soi, ni une séparation. Pour chaque être aimé, la mort, si elle est particulièrement émouvante, marque le passage à l’autre monde. Est-ce une manière de mieux la supporter que dans notre société où elle est souvent vue avec tristesse ? C’est une hypothèse tout à fait plausible.
Le rapport à l'argent est, lui aussi, différent. En France, comme dans de nombreux pays d'Europe occidentale, de nombreux magasins sont fermés le dimanche, ou du moins une partie de la journée. Le dimanche reste le jour du repos et/ou de la famille. Paradoxalement, dans un pays où la ferveur catholique est aussi importante qu'au Mexique, bon nombre de boutiques sont ouvertes en continu le dimanche. C’est le cas de tous les commerces de proximité qui, cela dit, peuvent fermer si la clientèle n’est pas — ou n'est plus — de la partie. Ici, au vu des salaires beaucoup plus modestes, l’important est de vendre et de faire tourner la boutique, d’autant que la concurrence est particulièrement féroce. Les commerces s'installent, tentent leur chance et, souvent, ferment, car les loyers sont élevés et la rentabilité incertaine. Sans atteindre les situations extrêmes d’Haïti, il y a aussi les vendeurs de rue — en ce moment, des revendeurs de maillots du Mexique plus ou moins officiels —, les laveurs de pare-brise ou les revendeurs de peluches. La situation qui m’a le plus frappé est celle de cette femme ayant improvisé un mini-stand de fleurs, avec pour toit le coffre ouvert de son break, sous la pluie battante aux abords du péage de l’autoroute reliant Celaya à Santiago de Querétaro.
Sports
Sept mois après mon arrivée : nous sommes actuellement en pleine Coupe du monde de football masculin au Canada, aux États-Unis et, donc, au Mexique. L’événement n’a pas déchaîné les passions ici et je ne peux pas dire que les Mexicains attendaient l’événement avec impatience. En tout cas, je ne l'ai pas ressenti dans la rue, dans les conversations, dans le quotidien. J’ai connu plus de ferveur apparente en Espagne et, surtout, pendant les quelques jours que j'ai passés au Portugal. Mais, à y regarder de plus près, le football est bien présent en toile de fond.
Les Mexicains ont eu droit à un jour férié – en réalité appliqué parfois à moitié par les entreprises – pour assister au stade Azteca de Mexico ou devant leur poste de télévision à la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde. Ils n'ont pas bénéficié du même jour de repos ou de semi-repos lors du match qui a opposé la Tri à la Corée du Sud hier. Mais, comme lors de la rencontre face à l'Afrique du Sud, les maillots verts et blancs ont fleuri petit à petit au cours de la journée qui a précédé la rencontre, pour atteindre un pic vers 19 h, heure du début du match. Plus que de la ferveur et d'un soutien inconditionnel, il y a une certaine forme de pudeur envers l'équipe nationale : c'est avant tout le Mexique qui joue et, malgré les critiques et les difficultés que le pays peut rencontrer au quotidien ou depuis des décennies, la sélection représente tout Mexicain qui se sent, de près ou de loin, concerné par l'événement.
Le football (masculin) est le sport dont la société (masculine mais pas seulement) parle le plus au Mexique. Derrière, il y a comme un décalage entre les sportifs mexicains connus en Europe et les sports pratiqués ou suivis ici. L'influence du grand voisin du nord est nette, ainsi le base-ball, le basket-ball et surtout le football américain trouvent leurs fans ; alors que le tennis, le cyclisme, le rugby, les sports mécaniques, le handball et tous les sports nordiques ont beaucoup plus de difficulté à trouver leur clientèle. Le padel, que j'ai connu en Espagne il y a quinze ans, est un sport en pleine progression : c'est un sport ludique, assez accessible tant au niveau des prix que de la technique, et permet de favoriser une certaine vie sociale sans qu'il soit élitiste. A 750 pesos les 90 minutes de location de court, il est possible de jouer pour environ 9 euros par personne... c'est bien moins cher qu'en France alors que le services et les infrastructures sont à la hauteur.



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