Thèmes de la vie quotidienne (L'alimentation : 1ère partie)
Voici un petit abécédaire pour aider à prendre le pouls de ce pays grand comme quatre fois la France. Comme lors de mes séjours au Pérou (2015-2016) et en Haïti (2016-2017), je reprendrai ce thème de temps en temps pour vous informer sur mes découvertes et peut-être… changer d’angle de vue sur ces différents thèmes ?
Alimentation :
Cinq mois et demi après mon arrivée : Le sujet est vaste chez nous, il l'est aussi bien sûr au Mexique. Les Mexicains prétendent d'ailleurs non sans fierté que leur alimentation est plus riche que la nôtre, plus diversifiée, et même carrément meilleure ! Ce serait sans compter sur nos îles qui donnent tout ce que notre métropole manque, en termes de saveurs, mais aussi d'ingrédients. Dès le deuxième ou troisième jour, j'ai été baigné dans l'ambiance locale, à travers la comida corrida, comparable à nos repas "ouvriers", à la Fonda de Don Piticón, dans le centre colonial de Santiago de Querétaro. Mon premier plat mexicain a été une encacahuetada, et j'ai alors compris que tout ce qui commençait par "en" révélait la teneur dominante du plat. Comme j'apprécie les cacahuètes, qui est un ingrédient important ici (vendues comme chez nous, elles servent aussi de base - nourrissante - à la crema de cacahuete, associée à des féculents, comme par exemple la galette de riz). Par contre, je suis plus prudent à l'heure de déguster des enchiladas ou des chilaquiles (composées donc majoritairement de chile) et, si le plat ne comporte pas d'ingrédient assez fort pour compenser (comme les frijoles - ou haricots noirs, aliment de base ici), je préfère éviter des sueurs à mon palais. Personne ne doute que l'on mange bien au Mexique.
Mais une adaptation s'impose : je ne suis plus sur le continent européen, et rapidement, j'ai dû faire face à d'autres traditions mais aussi d'autres horaires. Pour le petit-déjeuner, j'étais habitué au pain, au beurre, à la confiture, au lait, au cacao, au jus de fruits et aux petits gâteaux et, lorsque le temps le permettait, aux viennoiseries et aux fruits. Problème, en le prenant en France à six heures du matin, la moitié du temps avant un trajet à pied de six kilomètres avant d'arriver au bureau, j'arrivais en hypoglycémie à 9 heures du matin, et ne rien manger avant 13 heures relevait de l'hérésie. Tous ces ingrédients se retrouvent bien ici, dans des qualités diverses, mais ils ne reflètent en rien le petit-déjeuner mexicain.
Contrairement à la France, le pain est bien présent mais il ne représente pas un ingrédient de base. Pour retrouver un pain de qualité comparable, j'ai découvert sans surprise la baguette tradición de la boulangerie Saint-Honoré. Et pour cause, la formation des boulangers s'est déroulée en France. Rien de nouveau sous le palais pour moi, mais le meilleur pain pour les locaux ! Un peu plus cher qu'en métropole, mais bien plus riche, la baguette surpasse les pains des autres boulangeries du secteur, qui ne manquent pas de savoir-faire. Côté industriel, la marque Bimbo semble largement dominer le marché (il y a même des livraisons au nom de l'entreprise), mais il est possible de trouver du pain (de mie) complet, de masa madre, donc de qualité supérieure. Les petits pains ronds et les conchas, à la vanille ou au chocolat, sont populaires.
Pour les produits laitiers (laits, beurres et fromages), la qualité serait variable. Le Mexique est producteur, mais du fait de la diversité de ses paysages et de ses climats, un débat existe sur la qualité des produits. Contrairement à la France, j'ai constaté qu'une bonne partie du lait vendu est deslactosada, autrement dit transformé pour ne pas contenir de lactose. Il est possible de trouver du lait entier et du lait écrémé, mais le lait demi-écrémé, qui constitue apparemment le produit le plus distribué chez nous, n'est pas de mise. Outre la marque Kirkland, distribuée par l'américain Costco, j'ai relevé trois marques ici présentes et semble-t-il dominantes : Lala, Alpura et Santa Clara, aussi distributeurs de crème fraîche. Grand amateur de lait depuis toujours, j'ai trouvé ici un lait de qualité.
Avec le ghee, j'ai découvert un beurre doux et onctueux, qu'il n'est pas nécessaire de conserver au frais ! Ceci est pour le rayon souvenir des biscottes qui se brisent au contact du beurre impossible à étaler.
En revanche, pour les fromages, la concurrence fait rage... et la quantité de fromage importée traduit bien une certaine demande, peut-être non satisfaite par l'offre locale. Les magasins, petites supérettes ou hypermarchés, proposent du queso panela, du requesón, du queso cottage, soit du fromage blanc du moins au plus liquide. Ces trois propositions sont intéressantes, mais je me suis tourné vers les fromages européens importés pour retrouver davantage de saveurs... avec le prix qui va avec. Les français me semblent être les plus chers, et il n'est pas facile de trouver ici des fromages régionaux, hormis au City Market, à Plaza Antea, l'un des centres commerciaux les plus vastes d'Amérique Latine ! Le gouda, le mascarpone, le gorgonzola, le parmesan, l'emmental, le brie, le camembert, le roquefort, le comté figuent sur les plateaux.
Les viennoiseries de la boulangerie Saint-Honoré
Plaza Campa (Santiago de Querétaro) - 6 décembre 2025
La règle semble la même pour la confiture. Je n'ai pas encore trouvé de confiture artisanale. La chaîne de magasins Panio, d'origine franco-italienne, produit de la confiture de qualité, particulièrement sucrée et en propose à la vente à San Miguel de Allende. Pour le reste, à City Market, il y a notre marque Bonne Maman, qui exporte aussi des galletas (biscuits), gourmandise particulièrement prisée des Mexicains. Il y en a pour tous les goûts, des sucrées, des salées, à bon prix ou plus chères, mais pas forcément les plus diététiques ! Les galletas se trouvent dans tous les magasins dignes de ce nom, et sont même vendues... en pharmacie.
Les boissons du petit-déjeuner français sont bien présentes. L'incontournable café est roi, il a la même présence que chez nous, partagée d'ailleurs avec le thé. Le Mexique est producteur et les cafés sud-américains ont bien sûr la cote, dont l'inévitable café de Colombie. Les Argentins ont apporté le maté, mais à ce que j'ai pu constater pour le moment, ce n'est pas une boisson répandue chez les Mexicains. On trouve donc tous les types de café en vente, à tous les prix, solubles ou non, et le café en tant qu'établissement est aussi un lieu de convivialité ici très apprécié. La différence majeure est que le petit-déjeuner est une institution, un moment et un repas à part, et que nombre de restaurants disposent d'une carte spéciale, en proposant du sucré et du salé.
Le café, avec toutes ses déclinaisons (expresso, capuccino, americano, latte, mokka, etc.) peut être servi dans les règles de l'art, avec un petit nuage en forme de coeur pour marquer l'attention au client, et peut-être aussi la catégorie du restaurant. Le café, que je trouve davantage accompagné que chez nous, c'est le temps du desayuno, un temps de partage avec ses amis ou ses collègues de travail, un temps en société, qui renvoie à un rapport au temps différent.
La marque Jumex semble dominer le marché des jus de fruits. En tout cas, c'est l'enseigne que j'ai relevée dans toutes les supérettes, notamment Oxxo. Mais cette marque semble peu servie chez les particuliers. J'ai commencé ma découverte culinaire du pays par le jugo verde, qui, comme son nom l'indique, est vert. Il figure comme incontournable sur la table du petit-déjeuner. J'ai mis du temps à m'habituer à ce breuvage particulièrement nutritif, probablement à cause du céleri et du gingembre, qu'il est possible d'adoucir avec des agrumes comme l'orange. Les Mexicains semblent attachés à inclure des fruits et légumes à ce moment de la journée, plus tardif que chez nous, et qui pourrait s'apparenter à un brunch. Le jus vert se retrouve sur la carte des petits-déjeuners, tout comme la limonade, l'orangeade, les sirops à l'eau peuvent introduire les repas de ce type.
Par ici la suite ! Thèmes de la vie quotidienne (L'alimentation : 2ème partie)



Commentaires
Enregistrer un commentaire