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Thèmes de la vie quotidienne (L'alimentation : 2ème partie)

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Voici un petit abécédaire pour aider à prendre le pouls de ce pays grand comme quatre fois la France. Comme lors de mes séjours au Pérou (2015-2016) et en Haïti (2016-2017), je reprendrai ce thème de temps en temps pour vous informer sur mes découvertes et peut-être… changer d’angle de vue sur ces différents thèmes ?

Alimentation (Suite) :


Cinq mois et demi après mon arrivée : Maintenant, qu'est-ce qui se trouve sur la table mexicaine et qui ne se trouve pas habituellement sur la table française ?

Un petit-déjeuner mexicain "maison" (omelette, poivrons rouges, nopal, crèmes de flageolets et totopos)

Un petit-déjeuner mexicain "maison" (omelette, poivrons rouges, nopal, crèmes de flageolets et totopos)
6 décembre 2025

J'ai rangé mes envies sucrées de bon matin au placard. Le décor est planté d'entrée. Pour rompre le jeûne, j'ai dû m'avérer patient. Si en France, le petit-déjeuner se prend très rarement après 9 heures, où l'on passe à une collation, un moment convivial partagé entre collègues ; au Mexique, la notion du temps dans la journée est différente. Dans les grandes villes, et encore davantage dans le monstre qu'est la capitale, il y a du monde sur le pied de guerre de bonne heure car certains patrons n'attendent pas. Et si nécessaire, les Mexicains se nourrissent aussi très tôt dans la journée. Comme la journée s'étend jusqu'à parfois très tard, le petit-déjeuner peut s'inviter à la table du travail ou juste à l'extérieur, et j'ai aussi assisté à des petits-déjeuners de travail dans certains établissements qui accueillent le public, en centre-ville, de manière formelle. Le salé prend le dessus, avec certains éléments incontournables : les oeufs, cuisinés en omelettes (plus épaisses que chez nous) les fruits et légumes, éventuellement de la viande. Le sucré vient en dessert. Le petit-déjeuner, mentionné en tant que tel sur la carte, parfois aussi importante que celle du déjeuner, peut durer jusqu'à midi. Si le restaurant sert ensuite le déjeuner, l'équipe de cuisine peut varier, l'équipe de serveurs aussi, ou prendre une pause avant d'enchaîner sur la préparation des repas.

A la maison, nous pouvons retrouver un plat composé des ingrédients cités sous la photo.

En résumé, le petit-déjeuner se veut avant tout nutritif et convivial. Contrairement à la France, il ne s'agit pas ici d'effectuer brièvement un plein d'énergie, surtout entre semana (du lundi au vendredi), mais de se nourrir en prenant un peu plus le temps. Ce temps de repas particulier nous renvoie aussi à notre différence culturelle : Adriana a remarqué très vite qu'en tant qu'Européens, nous sommes plus directs, et notre conception du temps ainsi différente pourrait se résumer ainsi : "manger pour vivre" versus "vivre pour manger". 

Le déjeuner proprement dit arrive bien sûr plus tard dans la journée, plus tard que chez nous, lorsque bien sûr c'est possible. C'est au cours de ce repas, pris entre 13 h et 16 h, que la gastronomie mexicaine peut montrer l'éventail de ses possibilités. C'est le moment des plats plus importants, mais le climat et, visiblement aussi, la région où le déjeuner sera pris marqueront des vrais différences. Il n'y a pas tant d'écart de temps entre le petit-déjeuner et le déjeuner, ce qui explique peut-être que le repas ne soit pas aussi copieux. Il fait la part belle aux épices et aux piments, tout en conservant aussi une place pour le dîner. 
A la maison, au début ou au coeur de l'après-midi, le déjeuner se veut avant tout pratique. Il faut rappeler que nous sommes sur une journée à extension, que le repas est flexible dans ses horaires, et qu'il n'est pas le temps le plus convivial de la journée, à la différence du petit-déjeuner voir du dîner s'il est pris en extérieur. 

Toujours un peu décalé dans les horaires par rapport à la France, le dîner est aussi un temps de repas à part, mais il est manifestement plus bref. Il n'y a pas de menu vraiment copieux, mais un dîner peut aussi se partager entre amis ou collègues de travail. C'est le moment des tacos, avec la possibilité de préparer à la maison ou de demander des combinaisons de légumes, de viandes, de fromages, le tout dans des galettes de maïs ou de farine. Si je trouve la galette de farine plus consistante (et aussi un peu plus chère), elle serait moins nutritive. Il n'y a dons pas de "temps" de repas, de découpe, comme nous avons l'habitude de le faire, sinon les temps sont découpés tout au long de la journée. Le dîner est donc un repas plutôt rapide, sans être fast food pour autant. Il ne s'agit pas tant de manger vite sinon de manger peu, tant que l'on satisfait la faim. Les restaurants sont ouverts assez tard, et il est tout à fait possible de commander un dîner de tacos après une partie de padel qui se termine à 21 heures. Bien sûr, il est envisageable de demander d'autres spécialités mexicaines à ce moment-là, avec des assiettes plus garnies, et surtout des sauces, peu ou très picantes. Quel que soit le temps du repas, le sucré ne termine pas nécessairement le repas, encore moins pour le dîner. 

Qu'en est-il alors des prix des ingrédients et des repas ? Le Mexique est-il vraiment moins cher que la France, comme je l'ai entendu à plusieurs reprises ? Il est impossible de répondre par oui ou par non, mais le Mexique semble proposer une grande amplitude de produits, de qualité très variable, avec des prix qui peuvent aller de l'arnaque à la bonne affaire...

Comme au Pérou et en Haïti, l'eau distribuée n'est pas potable. Il faut donc la filtrer. Le filtre est considéré comme indispensable et fait partie du quotidien. Il doit être lavé une fois et changé une fois par an. Le service de l'eau fait l'objet de critiques et dépend de l'électricité pour fonctionner : quand il y a une panne d'électricité (c'est aussi fréquent que bref, souvent quelques secondes), c'est la double peine ; il n'y a pas d'eau non plus. Certains réfrigérateurs et congélateurs ont anticipé le problème en disposant visiblement d'une réserve d'énergie, mais certaines pannes peuvent durer des heures (comme celle d'hier soir, pendant quatre heures). Si l'eau reste moins chère à la distribution qu'en France (peut-être moitié moins, mais c'est relatif et expérimental), elle est un bien très précieux ici au vu des contraintes climatiques. Or, les Mexicains recherchent - c'est humain - le confort et la sécurité et ont tendance à s'installer dans des secteurs moins risqués que d'autres, que ce soit du fait de la force de la nature ou du crime... Donc la croissance démographie est parfois démesurée, au détriment des ressources, ce qui pèse sur l'eau et crée des pics de consommation électrique dans certains secteurs.  L'eau est aussi vendue en bouteilles et en gallons, et non en petites pochettes comme en Haïti, mais je n'ai pas pris connaissance du prix de l'eau vendue ainsi pour pouvoir comparer les prix. 

Parmi les féculents populaires ici, il y a les galettes de maïs ou de nopal, espèce de cactus que l'on peut trouver en salade (un lointain goût de haricot vert) et en galette. La galette est très vendue, qu'elle soit salée ou sucrée, ronde ou rectangulaire, en apéritif ou en accompagnement. Cet un aliment bon marché et populaire. Il est ainsi possible de trouver un paquet d'une dizaine de galettes à l'avoine pour 10 pesos, soit environ 0,50 €. Contrairement à la France, le Mexique n'affiche pas de nutriscore, mais propose des hexagones noirs d'alerte sur les paquets comme "Exceso calorias", "Exceso sodio", "Exceso azúcar", façon paquets de cigarettes en France, à la différence près que le paquet (de galettes) n'est pas neutre. Les galettes à l'avoine sont assez nutritives. 

Le pain trouve ses amateurs, ou pas, et divise la population. Il y en a pour tous les prix, de la baguette tradición de la boulangerie Saint-Honoré, un peu plus chère qu'en France, au petit pain blanc et rond vendu par six à 38 pesos, soit environ 2 euros. Le magasin HEB a même affiché l'équivalent d'une demi-baguette ou d'une grande déjeunette à 7 pesos, soit environ 35 centimes. Pour les céréales, on retrouve les deux géants mondiaux que sont Kellogg's et Nestlé, mais avec une production au Mexique. Il y a aussi d'autres marques, moins chères, mais dont je n'ai pas mesuré la qualité.

Les "snacks" sont aussi populaires ici. Il ne faut pas entendre le terme comme en France, où un snack est vendu à l'entrée d'un supermarché pour manger sur le pouce, mais comme un encas plus petit et plutôt sucré. Les combinaisons sont nombreuses : certains sont aux fruits secs, d'autres aux cacahuètes (production maison, tout comme la crème de cacahuète), d'autres encore à l'amaranthe aromatisée au chocolat, ou encore au chocolat et aux myrtilles, avec une base de farine de blé. Les paquets des derniers snacks cités sont vendus environ 2,50 €, pour 12 snacks, ce qui donne un rapport qualité prix tout à fait correct. Les commerces proposent aussi leurs propres barres de céréales, avec les mêmes mentions d'attention aux calories et au sucre.

Ce n'est pas une surprise, le rayon des fruits et légumes, surtout des fruits, est beaucoup plus développé qu'en France métropolitaine, où nous trouvons aussi un large rayon de fruits importés. La taille du territoire et la variété des climats se traduit par une abondance de fruits souvent très bon marché et de bonne qualité. Inutile de tous les énumérer, toutefois certains fruits proviennent aussi du grand voisin du nord (oranges) ou d'un autre du sud (raisin péruvien) et subissent les conditions de transport. Les mangues sont à bon prix et variées, les avocats aussi (pour des avocats) par contre les cerises, même à Costco, revenaient à plus de dix euros le kilo ! Je conserve mentalement mon taux de conversion par vingt pour éviter de me faire piéger, malgré les descuentos (rabais) et je compare avec les prix français pour me faire une idée. La conservation est bonne, ce qui témoigne, contrairement à ce que j'ai connu en Haïti, surtout pour la viande, d'un certain respect de la chaîne du froid. L'étiquetage par contre laisse parfois à désirer : certains produits ne sont pas mentionnés, sont mentionnés à l'étage du-dessus ou du dessous ou il n'y a pas de correspondance entre le produit et l'étiquette. 

Les produits laitiers se trouvent en bonne quantité, avec des produits de qualité diverse. Le lait est produit sur place ou provient d'autres régions du Mexique, et se trouve sans lactose (deslactosada), entier ou écrémé (desnatada). Il est difficile de trouver un carton de lait à moins de 30 pesos (environ 1,50 €) mais le prix ne s'élève pas trop non plus. J'ai relevé, rarement, du lait en poudre. Le lait de vache constitue la grande majorité du lait vendu, je n'ai pas trouvé pour le moment de lait de chèvre ou de brebis, alors que j'ai relevé la présence du lait de chèvre. Comme en France, les "laits végétaux" sont par contre bel et bien présents, et sont vendus à des prix comparables : une boisson aromatisée à base de soja, avec des extraits de fruits (pomme ou mangue), de la marque Ades, se vendent à environ 30 pesos, alors que la marque Silk, apparemment mieux réputée, propose des boissons plus chères, autour de 55 pesos (un peu moins de 3 €). Il y a des boissons à base d'amande, d'autres à base d'avoine, et aussi du lait chocolaté, avec des prix variables.  

Enfin, il y a des bonnes surprises au rayon des protéines animales : viandes, poissons et oeufs. Comme en France, la production "bio" appelée ici "orgánica" est un peu plus chère. On retrouve de la volaille (poulet ou dinde), qui sont aussi à la base de la consommation quotidienne, et figurent parmi les denrées alimentaires de cette catégorie les moins chères. Il est ainsi possible de commander un taco de cette catégorie, avec une tortilla de maiz ou de farine, pour environ 40 pesos (à peu près 2 €), et de bonne qualité. J'ai relevé un prix chez Costco à environ 8 € le kilo, soit deux à trois fois moins élevé qu'en métropole, avec de bonnes conditions de conservation. Le prix à la coupe, notamment du jambon, peut être un peu plus élevé pour certaines marques, sans atteindre le double. Les oeufs sont à des tarifs comparables à ce qui se fait en France, et sont sûr très utilisés, notamment pour préparer des petits-déjeuners comme à base de toasts ou d'omelettes, qu'on aime ici combiner avec des légumes ou des champignons. 

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