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City trip à Guanajuato (2ème partie)

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Le 25 décembre est arrivé. Ce n'est pas le moins original, avec celui passé avec les orphelins d'Achalay, au Pérou, dix ans plus tôt, et les quelques moniteurs qui étaient restés avec eux. Cette fois, Guanajuato capitale m'attendait, et la visite du jour consistait vraiment à m'en mettre plein les yeux. Noël était déjà passé pour une bonne partie de la famille, mais il restait un cadeau pour la vue.

Je savais que cette ville était tordue et colorée, soit tout l'inverse de l'essence même de Santiago de Querétaro, plate et carrée à l'origine, en tout cas dans sa partie coloniale. Je n'avais pas eu le temps de visiter Mexico City, et je sortais vraiment de Querétaro, à part le petit épisode à Celaya. Guanajuato l'improbable a tout pour me séduire, d'autant que le ciel est resplendissant, sous la statue du Christ (paraît-il, la troisième plus haute du monde), et la température adéquate.

Cette ville, c'est encore une histoire de mines, d'argent donc, mais aussi d'autres minerais. Il y a bien une banlieue - récente - et honnêtement, j'ai connu des entrées de ville moins réussies. Mais Guanajuato ne se laisse pas deviner aussi facilement : il faut franchir des tunnels entiers, construits à l'origine pour dévier l'eau, en voiture bien sûr mais aussi parfois par d'autres moyens de transport. Certains servent de stationnement (!) près du centre-ville, et d'autres sont même empruntés par des piétons. En tout cas, sur ces routes arides, le tunnel permet de maintenir le suspense avant de découvrir la ville. Le dernier emprunté débouche sur des rues pavées, tordues et aux façades colorées. Nous n'arrivons pas tout à fait dans le centre, mais je suis emballé par ce que je vois. Cette architecture est effectivement un régal pour le regard. Même le parking Las Huertas, où les dimensions sont limitées, creusées à même la roche, vaudrait presque le détour... et pour en sortir, il faut évidemment passer par un escalier. Nous nous approchons déjà de la mi-journée, et la fraîcheur du béton contraste avec le soleil qui tape fort.

La lumière au bout du tunnel


La famille d'Adriana avait choisi de découvrir la ville en ce jour de Noël, le jour où le maximum de boutiques sont fermées. La prédiction va se vérifier, mais seulement pour une partie de la journée. Nous atteignons assez rapidement le centre et la basilique, et le décor - urbain et ancien - est digne de la carte postale. Nous n'allons pas visiter de monuments ni de site touristique en particulier ce jour, et c'est peu dire qu'ils sont nombreux, mais je suis étonné par cette ville - finalement assez petite au regard des autres métropoles mexicaines - car elle n'a rien d'étouffant ni de moderne. Elle conserve ainsi tout son charme. 

Une vue partielle de la ville depuis la terrasse de l'Université

Une vue partielle de la ville depuis la terrasse de l'Université
Guanajuato - 25 décembre 2025

Nous découvrons la place principale (Plaza de la Paz, soit Place de la Paix en français), devant la basilique (et collégiale Notre-Dame de Guanajuato), et nous déambulons dans les rues adjacentes. L'une d'elles nous surprend, puisqu'elle porte la coquille Saint-Jacques et nous ramène quatorze mois en arrière. Après vérification, il y a bien un lien entre Guanajuato et le chemin de Compostelle et, sur une centaine de mètres, c'est bien un chemin symbolique qui existe à cet endroit. A un autre, dans une impasse quasiment impossible à pénétrer (El Callejón del Beso, en français l'Impasse du Baiser), les amoureux se pressent pour prendre une photo là où eu lieu un baiser célèbre. Un photographe et un conteur d'histoires sont là pour proposer de raconter la légende et de prendre en photo chaque couple : évidemment, derrière tout cela, se cache un métier informel qui récolte quelques pesos mexicains (de mémoire, 150 pour la photo, soit environ 7 euros !). C'est à partir de ce moment-là que j'ai compris que Guanajuato vendait un peu son âme, façon Québec, comme je l'avais connu en 2017. 

Les sirènes du tourisme


Un peu moins touristique peut-être, nous nous rendons au marché artisanal traditionnel (le Mercado Hidalgo), ouvert comme finalement pas mal d'échoppes en ce jour de Noël, avec en face, de quoi déguster un peu de comida corrida. Devant pas mal de choix, j'opte finalement pour les chilaquiles, et mon palais résiste bien plus que la famille mexicaine ne le craignait. Ce plat à base de chile ne se fait donc pas si piquant, sur l'instant mais bien sûr, il doit en exister de meilleurs et de plus épicés ! C'était mon premier essai et à vrai dire, il fut plutôt réussi. Comme si cela ne suffisait pas, comme à l'époque du Chosicano à Lima, où l'assistant du chauffeur criait à chaque coin de rue où le véhicule s'arrêtait, les vendeurs (serveurs ?) appellent les clients depuis l'étage, à la criée. Ils listent les plats pour attirer les convives et cela ne choque absolument personne, puisque cela fait pleinement partie de la tradition. Je m'étais amusé auparavant à entendre, à Santiago de Querétaro, "lavadoras... micro-ondas..." craché du haut-parleur d'un véhicule commerçant de passage. En Haïti, c'était pour les élections et à Lima, au Pérou, il y avait un petit chariot qui se déplaçait au son de "Solo solo churros". Sans doute le rêve américain.

Le soleil commence à décliner au fur et à mesure que les rues se remplissent. Nombreux sont les vendeurs qui nous accostent pour nous délivrer un billet pour visiter tout et son contraire, monter dans le petit train touristique, découvrir un musée (de la momie ?) ou réaliser une excursion aux alentours. Je serais bien tenté par le funiculaire qui grimpe sur les hauteurs de la ville. De hauteur, je vais en prendre un peu en grimpant les cinquante-sept (?) marches de l'Université de Guanajuato, et je me dis que, alors que toute la France s'apprête à grelotter, il fait sans doute bon étudier - ou donner des cours - à cet endroit. Si les portes restent closes, la terrasse en surplomb permet de prendre connaissance des dimensions de la ville, étendue mais aussi limitée par son enclave.

Après avoir recherché pendant plusieurs dizaines de minutes où prendre notre déjeuner, et nous être un peu reposés sur une jolie place ombragée, nous décidons finalement de laisser Guanajuato derrière nous. L'après-midi s'achève, nous regagnons notre parking semi-souterrain, et laissons un joli cadeau de Noël visuel pour une prochaine éventuelle visite. Cette période navideña n'est pas tout à fait terminée, elle se poursuit ensuite sur les routes de San Miguel de Allende.

Voici le journal de bord de cette journée du 25 décembre à Guanajuato :


Les lieux de visite mentionnés dans l'article à Guanajuato - Extrait d'OpenStreetMap

Les lieux de visite mentionnés dans l'article à Guanajuato, surlignés en jaune
Extrait d'OpenStreetMap

Par ici la suite ! Les rois de la galette

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