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Les rois de la galette

Noël est passé. Les festivités sont derrière nous. En tout cas les plus importantes, celles qui rassemblent petits et grands. Pour moi, comme depuis toujours, mon anniversaire (le 3) est calé entre le Jour de l'An et l'Epiphanie. Nous n'avions rien préparé d'original pour la Nochevieja, et un feu d'artifice de minuit est venu me rappeler au bon souvenir de Lima, dix ans plus tôt. Ce soir-là, j'étais livré à moi-même (avec Karima) dans une nuit qui n'avait rien de mémorable, mis à part ce spectacle pétaradant. Laissés de côté par les Salésiens du Pérou, nous n'allions pas tarder à rentrer en France. Dix ans plus tard, toujours sur le continent américain, je m'apprête à partir à San Miguel de Allende avec Adriana. Un grand voyage à l'échelle de l'année 2025, un tout petit pour 2026 : San Miguel de Allende n'est distant de Santiago de Querétaro que d'une heure de route environ, ou une soixantaine de kilomètres mais c'est tout de même pour moi un petit dépaysement.

El Refugio, à la limite du municipio de Santiago de Querétaro avec El Marqués, est une ville dans la ville, ou plutôt à la périphérie nord-est de la ville. Volontairement résidentielle, sortie de terre à l'époque de mes premiers articles sur ce blog, la colonia n'a rien d'étouffante, mais il est toujours bon de sortir de temps en temps de son paysage quotidien. San Miguel de Allende, ville la plus chère du Mexique, l'une des plus sûres et cosmopolites, s'est développée bien au-delà de son centre colonial historique. Difficile, sur ce plateau d'altitude, de voir une quelconque logique au tissu urbain de la ville. Mais nous sommes venus profiter d'un large week-end (à moitié) surprise entre Mexicains (Adriana et Armando) et Argentins (Vicky et Alicia), avec un intrus français qui, en plus, fête ses 44 bougies (cela fait longtemps qu'elles ne rentrent plus sur le gâteau).

Que dire de la Casa Cecilia, cadre de cet anniversaire, mais aussi temps de détente pour tous ? A l'arrivée, je suis bluffé par son architecture hors norme. Tout est grand et cosy, résolument moderne, parfois un peu gadget ou alors un peu rustique. L'œuvre est en tout cas très confortable. La porte d'entrée, immense et massive, s'ouvre avec un digicode géant. La hauteur sous plafond (et les rideaux de la pièce principale) doit approcher les dix mètres. Il est impossible de se toucher d'un bout à l'autre du lit. Il y a une cuisine à l'intérieur (et une cheminée, qui tournera deux soirs sur trois avec 18°C dehors et un asador à l'extérieur, un bar et un jacuzzi. Mais la cerise sur le gâteau, c'est un mini-cinéma avec huit sièges dn cuir et un vrai grand écran au deuxième étage ! De quoi se croire dans une véritable salle de cinéma.

San Miguel de Allende vu de la Casa Cecilia

San Miguel de Allende vu de la Casa Cecilia
2 janvier 2026

Le jour et la nuit


Il faudrait peut-être être plus nombreux que cinq personnes pour profiter totalement des installations. L'endroit est tout de même surprenant, et j'ai du mal à savoir (les Mexicains aussi) si cette maison fait partie d'un complexe touristique, de résidences secondaires ou s'il y a des propriétaires (ou locataires) qui résident là à l'année. En tout cas, en ce tout début d'année, ça sent vraiment les vacances d'été... La piscine ne se trouve qu'à quelques dizaines de mètres de la maison et elle est ouverte à tous les résidents du quartier, avec un bar qui jouxte les propriétés voisines. De mémoire, je n'ai jamais connu un tel contraste, entre maintenir une cheminée vivante le soir (tout le monde a froid) et me baigner en plein jour ! Le Mexique, en plein hiver, à 2 000 mètres d'altitude... Et, cadeau surprise cette fois, j'ai droit à une séance de massage, juste à côté de la piscine. Contrairement à la toute première, entre les mains de Josefina à Fisioprime, les mains y sont allées fort au début. Un peu trop. Le temps que le corps de la masseuse s'adapte au mien, et je suis parti, avec Adriana, pour une séance d'une heure de détente. Le cabinet est petit, chacun a deux mains qui s'occupent de soi, et tout est passé en revue (ou presque). Il n'y a que la musique lounge que l'on entend, et derrière le rideau, les familles se baignent ou bronzent au soleil... Déconnexion assurée. Et dire que pas très loin, le pays offre un visage beaucoup plus modeste.

Nous nous y rendons justement, dans ce côté plus modeste et sauvage. Adriana a vécu il y a quelques années à San Miguel de Allende et se souvient d'un chemin qui mène à un petit barrage (la presa de las Colonias) et souhaite y retourner. Ce n'est pas pour une balade romantique, mais pour un côté pratique : il faut aussi sortir deux animaux à long nez et à pattes... Nous nous rendons sur site le matin (aire d'accueil de Jurassik Park ?), un jardin botanique, que nous ne ferons que contourner. Le chemin est épineux, un peu caillouteux, très sec. Ce n'est pas pour nous dépayser, car nous nous sommes rencontrés sur les pentes de l'Alto del Perdón. Mais je ne suis pas équipé de la même manière qu'en ce 13 avril 2024 et je tâte aussi le terrain. Nous sommes plus en aval que le barrage, et apparemment, le terrain sert aussi d'aire de pique-nique et malheureusement, de dépotoir. Nous ne faisons que traverser le ruisseau avant de faire demi-tour. Nous croisons plusieurs étrangers, probablement des voisins du nord, qui constatent la même chose en sortant aussi leurs animaux à long nez et à pattes. La présence d'étrangers saute aux yeux ici, et ils ne sont pas les plus jeunes. Sont-ils venus chercher le calme et le soleil ? Un bout de terrain de 400 mètres carrés s'achète à prix d'or. Que cache San Miguel de Allende de si particulier ? Je ne le saurai peut-être que dans un prochain épisode.

Le réservoir de la Presa de las Colonias

Le réservoir de la Presa de las Colonias
Environs de San Miguel de Allende - 3 janvier 2026

Galette des Rois vs Rosca de Reyes


Après des hamburguesas préparées par les Argentins, j'ai droit au sens propre à ma part du gâteau. San Miguel de Allende cache une excellente boulangerie d'origine franco-italienne, Panio, qui pourrait faire concurrence à la boulangerie Saint-Honoré. Le gâteau en est issu, mais pas la galette des Rois mexicaine, la Rosca de Reyes. Le lecteur que vous êtes salivez d'avance de savoir quelle est la différence entre les deux. Amelia, Vicky et Armando l'ont acheté, mais une autre surprise m'attend au retour à Santiago de Querétaro.

Nous laissons la Casa Cecilia pour rendre visite à Nati et Juan, deux autres Argentins de San Miguel de Allende, et, après avoir fait refait virtuellement le monde, nous rentrons à Querétaro où, après tout juste une heure de battement m'attendent Aldo et Jesús. Nous nous rendons à Zakia, à quelques kilomètres, pour une partie de padel (Argentine, quand tu nous tiens). Nous y retrouvons Diego, qui travaille sur place en tant que gestionnaire des courts. La nuit commence à tomber en ce lundi 5 janvier, mais j'ai conservé des forces après un repas / goûter express. Il m'en faut pour dompter la machine d'entraînement qui m'envoie des balles à un peu toutes les hauteurs. Et dire qu'elle a été paramétrée pour les débutants... En fait, ce n'est que ma troisième partie de padel, après l'Espagne en 2011 et Pont-du-Château avec mes anciens collègues Hugues, Amélie et Corentin, en novembre 2023. Alors, malgré des années plus ou moins soutenues à pratiquer le tennis, je suis encore débutant dans ce sport. 

Nous avons le temps de disputer deux manches et demie avant de ramasser les balles et de ranger les raquettes, un temps suffisant pour deux gamelles magistrales de ma part, dont une dans le filet alors que je voulais désespérement sauver le point. Vingt jours plus tard, malgré l'Arnica, j'ai encore quelques hématomes ! Nous rentrons avec Aldo et Jesús au Refugio, et alors que je pense qu'ils vont me déposer à domicile, Pilar, Karen et Laura s'étaient cachées pour me souhaiter mon anniversaire. Je suis allé de surprises en surprises mais, alors qu'il s'agit là du premier dîner entre amis de l'année, les deux galettes, française et mexicaine, se font face. Elles proviennent toutes les deux de la boulangerie Saint-Honoré, et, seul mon penchant vers la frangipane pourrait m'orienter vers la française. Mais je ne les départagerai pas. Encore une fois, je tranche la galette sur la fève, enfin sur l'une des deux. Adriana est la reine de la soirée et pour la mexicaine, quelqu'un devra préparer un tamal pour le 2 février. Enfin, c'est la tradition qui le dit, et elle fait encore de la résistance ! Nous profitons de l'instant en remerciant les traditions, et nous nous donnons rendez-vous quelques jours plus tard, pour le Circulo de Lectura - où je fais mon entrée cette année - et la première vraie randonnée préparatoire pour Saint-Jacques-de-Compostelle. Suite au prochain épisode. 

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