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Joyeux Noël à Querétaro


Chers lecteurs, bienvenue au Mexique et sur ce 150e article, après déjà plus de 15 ans de carnets d'ailleurs.

Un Noël queretano d'abord musical

Nous sommes dans la période des fêtes plus que celle de Noël, mais avant de commencer l'année 2026, retour sur le moment navideño. Il commence vraiment à Santiago de Querétaro par deux concerts, le premier donné au début du mois à l'auditorium, et le second un peu plus tard au Temple. Avec Adriana, le premier concert rassemble une petite centaine de personnes dans un petit amphithéâtre intérieur, en soirée, autour d'une dizaine de chansons - reprises - d'un petit groupe de quatre musiciens, violonistes, dont une chanteuse. Un petit décor de Noël sous forme de film d'animation est projeté derrière les artistes, et nous pouvons voir mais surtout entendre, malgré les piliers soutenant l'édifice, la jolie production musicale. Nous apprécions ce spectacle d'un peu plus d'une heure, où les reprises vont de Noche de Paz à Last Christmas de Wham, en passant par des morceaux de musique classique. L'un d'entre eux a les faveurs du public, et les musiciens, après des clameurs pour une otra, reviennent jouer ce morceau pour clore la soirée. Au grand désespoir d'Adriana, qui ne jure que pour écouter le burrito sabanero, célèbre villancico des enfants, dont j'ai fait connaissance à Achalay, au Pérou, dix ans plus tôt, déjà (!).

Le deuxième concert, au Temple, toujours dans le vieux centre historique de Santiago de Querétaro, s'est déroule sous d'autres proportions. Nous partons avec d'autres amis d'Adriana (Karen, Jesús et Laura) mais nous arrivons un peu en avance. Jesús nous dépose devant l'entrée et il y a foule à la messe, qui précède le concert. Je profite de l'instant pour prendre la pose devant les lettres géantes "Querétaro", avant de pouvoir rentrer ensuite en pleine demande de posada (j'y reviendrai un peu plus tard). Il est difficile pour nous de trouver une place confortable à ce moment, étant donné que les fidèles n'ont d'yeux (Dieu ?) que pour les pèlerins (!) seulement précédés par le prêtre. Ce n'est donc pas une messe comme les autres, ni une messe de Noël non plus, mais plutôt une messe de l'Avent.

La courte entracte entre la fin de la messe et le début du concert nous permet de nous installer près des musiciens... sur un banc. Quelques minutes plus tard, Jesús, qui a réussi à trouver une place... de stationnement, récupère tel un gentleman une chaise supplémentaire pour Laura, nous permettant de profiter d'un peu plus d'espace sur notre banc, et de la vue de cet édifice baroque qui, style oblige, expose tout son luxe à volupté. Est-ce too much ? En tout cas, cela contraste complètement avec le style tout en élégance et en sobriété de ce qui nous attend.

Les deux chefs d'orchestre se présentent, homme et femme. Ils dirigent un orchestre composé à majorité de violonistes et de chanteurs d'une chorale et, à l'image de leur duo, le groupe semble représenter une parfaite parité. Les chansons dont dirigées tantôt par l'un, tantôt par l'autre, jusqu'à ce que la chef d'orchestre se convertisse en chanteuse le temps d'une chanson. Les tenues sont impeccables, les interprétations tout autant. Les choristes se reposent sur l'avant-dernière chanson, avant un Hallelujah final en forme de feu d'artifice. Le Temple alterne entre écoute et applaudissements nourris. Noël est lancé.

Entre ces deux concerts, il y a donc eu la tradition mexicaine de la posada. Le terme, en espagnol, signifie "auberge", mais il fait donc référence à la période précédant Noël, sur une neuvaine, représentant le chemin effectué jusqu'à Bethléem. De nos jours, l'aspect religieux s'est quelque peu dilué pour laisser place à un événement amical et festif. Pour nous, elle avait lieu l'après-midi du samedi 13, entre une vingtaine d'amis ou de connaissances du Refugio. Une traiteur avait été conviée pour l'occasion car, comme chez nous et dans beaucoup d'autres pays du monde, une réunion entre amis s'accompagne bien sûr de la gastronomie...

Le sapin de Noël de la boulangerie Saint-Honoré

Le sapin de Noël de la boulangerie Saint-Honoré
La Pradera (Santiago de Querétaro) - 21 décembre 2025

Posada et piñata

Paradoxalement, ce qui a uni plusieurs de ces membres, c'est le parc El Lago situé à proximité... Et ce parc, tout comme El Jaguey, est un paradis pour chiens. Donc, un peu à l'image des enfants à l'école, cela crée des liens. Pour le reste, pas grand chose ne se passe durant cette posada, même si, peu à peu, l'alcool pousse à la chanson et à la reprise d'anciennes chansons de Los Angeles Azules. Les toutous et toutounes ont des pastilles à prendre ou des besoins à faire, alors l'événement marque une pause vers 18 heures, avant de reprendre un peu plus tard. Entre temps, le repas passe du salé au sucré, le soleil décline comme le liquide dans les bouteilles (avec modération cependant) mais les chansons se succèdent. Le groupe se divise temporairement en deux pour permettre aux pèlerins de demander posada, toujours avec la musique traditionnelle, mais se réunit rapidement pour passer (pour moi) à une autre ancienne tradition : la piñata.

Cette fois, de la petite salle des fêtes à l'entrée du fraccionamiento, nous nous retrouvons à l'extérieur. La nuit est tombée ou est en passe de l'être. Nous faisons face à la piñata, une étoile à sept branches représentant les sept péchés capitaux. L'étoile est suspendue à un fil, et son heure va bientôt arriver. A grands coups de bâton, l'objectif est de la rompre pour délivrer la récompense qui se trouve à l'intérieur : des dizaines de sachets de bonbons ! Alors le groupe d'amis se remémore sans doute les années 80, et quelques uns se prêtent au jeu. La scène commence à ressembler de plus en plus à Fort Boyard, et ça va se poursuivre jusqu'à la délivrance. Les participants se succèdent, yeux bandés, après plusieurs tours sur eux-mêmes pour perdre la notion d'équilibre. Qu'importe, l'étoile finit par se briser, et les participants se jettent alors frénétiquement sur les bonbons, comme les candidats du jeu télévisé récupéreraient des boyards. Pas de temps limite ni de tigre en cage, la partie s'arrête lorsqu'il n'y a plus de sachets de bonbons au sol...

Pour le reste, Querétaro se pare de décorations, tant dans son centre-ville que sur les maisons des différents quartiers. La décoration la plus tapageuse se trouve aux abords du Parc El Jaguey, l'une des rares fantaisies visiblement permises, car bien que propriétaire, chacun ne fait pas ce qu'il veut, surtout à l'extérieur...

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