Brouillon de culture
Un mois déjà est passé depuis mon arrivée au Mexique, puis à Querétaro. En Haïti, après une telle période, j'avais intitulé l'article "Un mois et des émois". Je cherchais un nouveau titre comparable à cette période particulière, et vu les nombreux thèmes que je pourrais déjà aborder, en plus de Noël, j'ai choisi de faire un parallèle sur les éléments culturels et le peu que j'ai pu saisir jusque-là.
Bienvenue au Mexique
Tout d'abord, ce n'est pas une surprise, les Mexicain(e)s que j'ai rencontré(e)s à ce jour sont très accueillants. Je prends d'ailleurs ce mot au sens large, c'est-à-dire qu'ils vous enveloppent littéralement dans une large embrassade. Bon, ce n'est pas le cas évidemment dans un commerce ou une aire de services, mais dans un contexte familial élargi, chacun(e) vous souhaite chaleureusement la bienvenue. L'accueil, toujours avec le sourire, s'accompagne d'ailleurs souvent d'un "bienvenue". Et, pour le coup, ou que vous vous trouviez, l'invitation est lancée à se mettre au diapason de leur temps, de leur mode de vie et de leur culture. En cela, je ressens une grande différence avec la nôtre mais après tout, je suis là pour m'y adapter.
Mosaïque
Dans un pays grand comme quatre fois la France, il faut justement prendre le temps de la démesure. Je n'ai vu pour le moment que le triangle Mexico City / Santiago de Querétaro / Celaya, soit respectivement un embryon de trois États : Mexique (Estado de México), Querétaro de Arteaga (avec Santiago de Querétaro, plus communément appelée Querétaro) et Guanajuato, mais je n'ai vu qu'un brouillon, un échantillon. Pour comprendre cette mosaïque, qui forme les États-Unis mexicains, il faut beaucoup plus de temps ! Mais une différence semble quand même apparaître, dans les us et coutumes, dans la musique, la cuisine, les arts, la langue aussi, entre les gens du Nord (vers les USA), ceux du centre (dont le pôle est la capitale, Mexico City) et ceux du sud (vers le Guatemala). L'histoire du pays, profondément marquée par le métissage des cultures pré-colombiennes et hispaniques, semble au contraire un point d'union, avec ses symboles autour de la lutte contre le colonisateur, partagé avec les autres pays latino-américains dont je ressens la proximité, surtout en tant qu'européen et plus encore, d'abord comme francophone.
Le restaurant italien Mercato, sur l'une des "plazas" de La Pradera
Santiago de Querétaro - 22 novembre 2025
France et Mexique
Comment notre pays est-il vu depuis ici ? Je vais donner quelques éléments plus concrets. Pas étonnant, nous sommes le pays de la gastronomie, d'abord du pain, puis ensuite des autres produits culinaires. A Querétaro, certains boulangers mexicains ont été formés chez nous et ont exporté notre savoir-faire pour créer la boulangerie Saint-Honoré, avec une succursale au centre-ville et d'autres boulangeries plus petites, dont une au Refugio. La boulangerie est prisée, et ma première expérience la classerait de bon niveau chez nous, sauf que le prix, déjà élevé pour notre portefeuille (un petit éclair au chocolat coûte 3 euros), s'avère très select ici. Les autres produits, laitiers surtout (fromages, yaourts) sont en bonne place dans les rayons, aux côtés des italiens et hollandais, mais il faut payer le prix de l'exportation. Costco à Celaya propose même une offre groupée de confitures Bonne Maman et de Galettes Saint-Michel avec un petit-déjeuner soit disant typiquement anglais.
D'après ce que je sais, il y a environ 70 entreprises françaises au Mexique, de Veolia México à Safran à Querétaro, que je n'ai pour le moment pas vus. Ici, il y a une chaîne de boulangerie appelée "Le Pain Quotidien" (l'éclair au chocolat est à 85 pesos, soit près de 4 euros !) et la qualité semble un ton en-dessous de la boulangerie Saint-Honoré. J'ai vu deux boulangeries de ce type, dont l'une est associée au Décathlon Querétaro. Il est d'ailleurs surprenant d'y relever "Bonjour" à l'entrée et "Merci" au départ, sachant qu'on n'y parle pas français à l'intérieur...
Mais la présence française, bien que discrète, se manifeste un peu partout. Évidemment, j'ai le coup d'œil pour relever toute trace de mon pays d'origine et, bonne nouvelle malgré la guerre des pastels (!), les Mexicains ne semblent pas être rancuniers. Des petites affiches de la Tour Eiffel ou du Moulin Rouge figurent en bonne place dans certains restaurants et, à Guanajuato capitale, le drapeau flotte au premier étage de certains hôtels, aux côtés du mexicain, du canadien, du japonais, de l'américain, du britannique et de l'espagnol.
D'autres différences culturelles
Pour le moment, sans surprise, le pays que j'ai visité et qui me paraît le plus proche du Mexique est le Pérou. Bien sûr, il y a le fait de la langue, et l'espagnol des deux pays ne semble pas très différent. Je me suis rendu deux fois chez le médecin, dont la première fois sur l'invitation d'Adriana, et le paiement s'effectue après le passage en pharmacie. L'établissement, qui ne paie pas de mine de l'extérieur, cache un praticien aux méthodes japonaises étonnantes, mais efficaces ! Pas la peine de rechercher une pharmacie plus loin (il y en a... qui font aussi supermarché), les médicaments sont délivrés in situ.
A Querétaro, il y a plusieurs échelles d'organisation dans l'urbanisme. La ville a pris des proportions démesurées depuis l'époque coloniale et il n'est pas simple d'y dégager une hiérarchie sociale. Le centre historique est toujours plus au moins au centre, mais il ne regroupe pas de quartier d'affaires. Les colonias sont des quartiers "protégés" avec accès par péage et gardien, et à l'intérieur de ces quartiers, pouvant regrouper plusieurs milliers d'habitants, figurent les fraccionamientos, qui sont des lotissements protégés par une autre grande barrière et un autre gardien. Je réside dans l'un d'entre eux. Mais tout le monde ne réside pas derrière cette double barrière, car la sécurité a un prix. Querétaro a aussi ses quartiers populaires.
Enfin, la route offre un paysage à part. Piétons, cyclistes, troupeaux, vendeurs de sapins ou de peaux d'animaux... toute un peuple circule sur la bande d'arrêt d'urgence de ce qui pourrait ressembler à une autoroute entre le centre-ville et El Refugio. Du déjà vu pour ma part... en Algérie, sur la longue autoroute est-ouest. Mais pas en France, en tout cas pas de mémoire...
Justement, place aux cadeaux sous le sapin !
Par ici la suite ! Joyeux Noël à Querétaro



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