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Sur la route de Compostelle - Camino Primitivo (2024) - 14ème étape : Boente - Santa Irene (25 km)

Nous sommes le samedi 12 octobre, veille de notre arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle. En Espagne, c'est la fête nationale. Nous le savions depuis plusieurs mois à l'avance et, jour férié oblige, Adriana s'inquiétait de savoir ce qui était ouvert ou non en ce jour spécial. De mon côté j'étais moins inquiet et vous verrez dans la suite de cet article lequel de nous deux a flairé le bon coup mais pour l'heure il fait toujours nuit noire à l'auberge El Alemán.

Pour moi la nuit a été relativement courte, c'est souvent le cas dans les dortoirs avec couchettes et cette nuit-là n’a pas fait exception à la règle. Sur une couchette en hauteur, un Espagnol d'une cinquantaine d'années était visiblement malade et son état de santé délicat s'est manifesté par plusieurs quintes de toux grasse mais aussi beaucoup de mouvements. Visiblement il a passé une nuit agitée et Adriana l’avait déjà remarqué la veille au soir. Il est vrai que le dortoir n'est pas le meilleur endroit pour être malade et par chance nous avons échappé à une certaine vague épidémique de gastro-entérite, voire de grippe. Celle-ci a contaminé plusieurs pèlerins, notamment sur cette deuxième partie de parcours.

L'Espagnol en question s'en va vers 5 h 30 et à cette heure-là il m'est quasiment impossible de retrouver le sommeil. Je me demande encore d'ailleurs aujourd'hui comment je peux être aussi sûr de cette heure sachant que bien sûr je n'avais pas d'indication horaire. Un autre Espagnol lui emboîte le pas peu après. Le dortoir finit peu à peu par bouger, se réveiller et c'est le tour d'Adriana. Je me rends compte qu'il ne reste plus que deux personnes au fond du dortoir qui ne sont pas réveillées. Aux environs de 8 heures, les deux finissent par émerger. Je cherche alors un interrupteur général pour allumer la pièce et pour faciliter notre rangement mais je ne le trouve pas. Je ne suis guère plus inspiré dans le dortoir numéro deux qui s'est déjà complètement vidé, ni dans les dortoirs au rez-de-chaussée. Visiblement c'était encore un coup d’ « El Alemán »…

Nous finissons par avoir suffisamment de lumière pour nous préparer. Nous nous surprenons à chuchoter naturellement avec amusement en attendant le lever du jour. Cette fois je profite de ce lever tardif du soleil pour m’échauffer convenablement. Vers 8 h 30, lorsque nous prenons notre départ en direction de Santa Irene, la visibilité est des plus faibles mais, comme le ciel est à moitié dégagé, nous y voyons suffisamment pour repérer au loin les premières flèches jaunes qui indiquent la suite du chemin de Compostelle. Il nous reste à ce moment-là 48 kilomètres à parcourir, dont 26 sur cette étape. Avec près de 400 mètres de dénivelé global, sur cette distance et à ce moment-là du chemin, rien ne nous est facile pour autant. Nous ne sommes plus sur le Camino Primitivo, mais désormais sur le Camino Francés qui touche lui aussi à sa fin. Pendant notre préparation, en amont, nous avions choisi de ne pas nous arrêter dans les fins d'étape officielles pour éviter la surfréquentation. Sage réflexion.

Comme souvent en Galice, le temps n'est pas franchement dégagé. Quelques nuages gris pourraient encore nous jouer un mauvais tour et faire que la pluie s'abatte sur nous. Mais pour la première fois depuis l'étape de Salas, dans les Asturies, nous ne recevrons quasiment pas une seule goutte au cours de la journée. Et comme lors de toutes les étapes jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle, même à l'intérieur de la ville, le chemin est vallonné. Sur cette avant-dernière étape, celui-ci serpente le bord de la route principale menant de nouveau à Saint-Jacques-de-Compostelle, traversant de nombreuses petites vallées voire des vallons qu'il faut sans cesse descendre pour mieux les remonter. Les pentes sont plus ou moins prononcées sur cette étape où l'altitude oscille entre 300 et 450 mètres mais les raidillons sont parfois suffisamment rudes pour mettre un petit coup au moral.

Ce lundi, à deux étapes de la fin, nous en avons vu beaucoup d'autres et rien n'entame notre détermination à arriver ensemble au bout de notre aventure. C'est également le cas pour deux pèlerins d’origine asiatique que nous croisons sur cette première partie d'étape qui nous mène à Arzúa. Le Camino est très varié, passant parfois par la forêt. Nous changeons à plusieurs reprises de type de chaussée, entre bitume et chemin proprement dit et nous arrivons à Arzúa, une ville que nous pouvons comparer à Melide, traversée la veille.

D'une rive à l'autre, sur la rivière Iso

D'une rive à l'autre, sur la rivière Iso
Ribadiso da Baixo - 12 octobre 2024 (Photo d'Adriana)

En quête d’ouverture…

Arzúa compte environ 6 000 habitants mais, davantage que pour Melide, elle s’étend le long de cette route principale est-ouest. Comme la veille, nous n'avons pas pris de petit-déjeuner au départ mais comme je suis réveillé plus tôt, j'ai davantage faim aujourd'hui. C'est là que nous allons vérifier si en ce samedi férié les commerces sont fermés. La première indication que nous avons à Arzúa est que visiblement il nous est bien difficile de trouver un commerce ouvert. Certes, il y a les auberges des pèlerins qui elles fonctionnent jour et nuit pendant la saison du pèlerinage mais il nous faut avancer plus en avant dans le centre-ville pour trouver quelques bars ouverts. Que ce soit un jour férié ou non, l'ambiance un samedi matin en Espagne est toujours silencieuse, en tout cas à cette heure-ci où les fêtards, s'il y en a, ont déserté les lieux pour rentrer chez eux et rattraper leur manque de sommeil.

Nous finissons par nous arrêter à La Bodega de José, un bar tout en profondeur. Il n'y a quasiment personne. Seules deux jeunes filles rejoignent l'établissement au cours de notre première pause. Nous avons marché depuis 8,5 kilomètres et je n'ai qu'une envie à ce moment-là : dévorer un croissant. Je crois que cela fait à peu près trois semaines que cela ne m’est pas arrivé et mon vœu est exaucé puisque je tourne la tête à gauche et j'en aperçois deux qui m’attendent. La serveuse est une dame d'un certain âge, visiblement seule dans sa vie et profite de la présence d’Adriana bien sûr (!) pour échanger quelques mots. Il n'est pas certain qu'elle ait beaucoup de clients aujourd'hui. Détail amusant, elle souhaite absolument se rendre utile et affirme à plusieurs reprises en quelque sorte que « le client est roi ». Alors qu’elle prend elle-même son petit-déjeuner, la dame tient absolument à nous servir à l’instant même, alors que depuis le début du chemin nous essayons par courtoisie de rendre notre vaisselle une fois après avoir consommé. Nous restons là environ un bon quart d'heure, le temps de nous réchauffer aussi avec un café au lait (même deux cafés pour Adriana !) et une empanada au thon, le tout pour 2,70 € ! Alors qu’il nous reste à ce moment-là 17 kilomètres à parcourir, cette adresse est la bienvenue pour les pèlerins.

A Arzúa nous croisons ce que nous voyons parfois sur le chemin de Compostelle, c'est-à-dire un poteau avec de multiples panneaux en direction de destinations mondiales, pour les pèlerins venant de tous horizons. C’est également un signe évident que nous sommes bien sur le Camino Francés, de loin le plus fréquenté de tous et dont la clientèle est comme nous l'avons vu en avril très internationale. Je cherche bien sûr le panneau indiquant la direction de mon pays et je ne relève que Paris (mais la France n’est pas que Paris…). Je chambre un petit peu Adriana qui finit tout de même de l'autre côté du poteau par trouver le panneau « Mexico ». A partir d'Arzúa les pèlerins se font un peu plus nombreux. Nous allons nous retrouver d'ailleurs au fil de l'étape avec une forme de compagnie, sur certaines portions et certes à distance, à l'avant comme à l'arrière. Je me sens un peu comme porté puisque les pèlerins ont leur rythme de pas, et le rythme des bâtons motive aussi pour poursuivre la route avec dynamisme.

… sur un autre Chemin

5 kilomètres après Arzúa, nous nous arrêtons de nouveau. Cet arrêt correspond globalement à la mi-étape et, alors que le ciel est de nouveau favorable même s’il n'est pas très chaud, nous nous arrêtons à un endroit bien précis. Adriana avait déjà remarqué ce lieu lors de son premier parcours. En effet, pour elle, ces deux dernières étapes sont une répétition de son parcours du printemps, à la différence près qu'elle avec effectuait la dernière partie seule - même si parfois accompagnée d'autres pèlerins qu'elle avait connue auparavant sur son chemin – alors que cette fois-ci nous sommes deux. A A Granxa de Tato, de nombreux objets d'artisanat sont vendus. Il est aussi possible de s'arrêter pour boire un coup, profiter de la terrasse aménagée avec des bancs. Surtout Adriana rencontre le propriétaire des lieux et lui fait part d'un certain projet de construction ou de reprise d'auberge à destination des pèlerins. Pour un tel projet, le propriétaire conseille le Camino Primitivo. En effet, selon lui, la fréquentation sur le Camino Primitivo va augmenter, puisqu’aujourd'hui les pèlerins sont à la recherche d'autres expériences que le Camino Francés. Ce dernier est le chemin de Compostelle le plus fréquemment utilisé certes mais aussi celui que les pèlerins empruntent lorsqu'ils découvrent les voies de Compostelle. Le Camino Primitivo que nous venons de parcourir offre d'autres avantages : celui d'une distance bien en adéquation avec la possibilité de prendre des vacances mais aussi une expérience plus sauvage et plus authentique. Il ne voit pas forcément d'un bon œil la possibilité de construire une nouvelle auberge sur le Camino Portugués, qui comme son nom l'indique, relie le Portugal à Saint-Jacques-de-Compostelle en remontant vers le nord. En effet, le Camino Portugués s'effectue selon lui davantage en voyage organisé. Ce n’est pas vraiment notre mode de voyage préféré… Pour en revenir à cette petite boutique très bien agencée, il est aussi possible d’acheter des fromages locaux. Elle est très bien positionnée sur le passage du Camino, à l’écart de la route principale, ce qui pourrait décourager les pèlerins à y effectuer une halte alors qu’elle le mérite.

Nous poursuivons notre route et nous arrivons maintenant à A Calle, dans la succession de lieux-dits, dans cette urbanisation par petites taches certes mais de plus en plus dense jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle. La Casa de Horreo est un bar qui a la particularité non pas d'accueillir des pèlerins mais de disposer d'une certaine quantité de bouteilles de vin parfaitement alignées au-dessus d’un mur de pierre. Ce n’est pas la dernière originalité sur ce parcours, où nous retrouvons les trois pèlerins avec qui nous avions échangé la veille le soir à l'auberge, au sujet du Camino del Salvador. Ils nous accompagnent par épisode sur cette étape et c'est ainsi avec eux que nous arrivons maintenant à Salceda.

Direction Saint-Jacques-de-Compostelle et Mexico

Direction Saint-Jacques-de-Compostelle et Mexico
Arzúa - 12 octobre 2024 (Photo d'Adriana)

Sur la route et pour la route

C'est un lieu-dit un peu plus important que les autres et il accueille ce jour-là un événement qui pendant plusieurs centaines de mètres va nous paraître assez mystérieux. Il y a du bruit, des engins bizarres et il nous faudra nous approcher de très près pour constater que cette journée est apparemment dédiée aux personnes en situation de handicap. Il y a là une petite fête sur un petit parc et apparemment les familles sont conviées. De notre côté, nous allons participer à la fête d'une manière différente. En effet, nous quittons momentanément la route principale pour virer à droite et grimper dans la forêt. Au cours des premières hectomètres de cette ascension, nous pouvons remarquer des pèlerins d’un autre genre que ceux que nous avions côtoyés jusque-là. C'est donc tout un groupe de personnes en situation de handicap qui emprunte cette partie du chemin de Compostelle et pédale gaiement jusqu'à une destination inconnue. Il me semble que certains en fauteuil aménagé ont fait demi-tour pour revenir dans l'autre sens. Le chemin est maintenant très fréquenté mais il n'y a rien de particulièrement dangereux à se côtoyer et nous trouvons la scène d'ailleurs plutôt amusante. Voilà des nouveaux pèlerins sur des engins motorisés de petite taille, qu'ils conduisent en position assise. Peu après nous quittons le petit groupe de trois et nous ne le reverrons plus puisque ce soir-là ils vont dormir à O Pedrouzo.

Nous avons passé Salceda depuis un petit moment et il ne reste maintenant plus que 4,6 kilomètres à effectuer sur cette avant-dernière étape. Nous ne la terminerons vraiment seuls que dans les derniers hectomètres, alors nous sommes toujours accompagnés - cette fois peut-être plus à distance - par d'autres pèlerins. Nous sommes maintenant dans une portion semi forestière avec un relief vallonné. Le terrain est idéal pour la pratique d'activités comme la bicyclette électrique et un certain nombre d'Espagnols profitent du chemin de Compostelle pour profiter de ce loisir. Tout au long de ces 320 kilomètres, à l'exception bien sûr du tronçon précédent O Cádavo, nous avons croisé régulièrement des cyclistes, souvent en petits groupes. Beaucoup d’entre eux se sont signalés avant de nous rencontrer. Nous avons apprécié que le dernier prononce le mot « último » pour nos informer que nous pourrions de nouveau marcher de face.

Pendant environ trois kilomètres nous échangeons tous les deux notre projet futur lié au chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Celui-ci tire vraiment à sa fin et le lendemain sera une étape particulière, non seulement parce que c'est la dernière mais aussi parce que c'est celle qui mène à la Cathédrale, au kilomètre zéro. Alors je sais que les émotions viendront à ce moment-là mais nous ne sommes pas encore arrivés à cet instant. Le chemin est parfois propice à la réflexion et ces kilomètres vallonnés, boisés, parfois en solitaire même si nous sommes à deux à les effectuer nous portent vers un avenir que nous commençons à imaginer.

Adriana avait aussi anticipé un élément particulier au cours de cette étape par jour de fête nationale espagnole : le repas. Après l'épicerie, elle s'était arrêtée à un autre endroit gastronomique et elle avait goûté à ce qu’elle appelle « le meilleur toast » de tout le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle en conserve aujourd'hui une expérience inoubliable alors elle souhaitait vraiment partager cet instant unique. Nous nous arrêtons donc à O Ceadoiro et nous nous retrouvons dans la situation que nous avions déjà connue à Ferreira deux jours auparavant, c'est à dire que notre repas se trouve à environ 800 mètres de l'arrivée.

En effet Santa Irene dispose en pour tout et pour tout de deux auberges. Il n'y a pas d'autre possibilité que de manger à l'auberge et le restaurant en question se trouve donc trop près de notre fin d'étape pour que nous décidions d'y prendre notre dîner façon « menu pèlerin ». Bien d'ailleurs nous en prendra. O Ceadoiro, par sa situation géographique, ne paie pas vraiment de mine car il s'agit d'un carrefour routier plutôt proche de la forêt et qui n'offre pas à première vue de possibilités de stationnement aisées. Il est environ 16 heures et en ce jour férié l'établissement n'est pas rempli. Tout au plus il le sera à moitié mais nous allons tout de même profiter de cette expérience gustative qui vaut bien le coup d'être vécue.

J'avais dit qu'il manquait un ingrédient principal lors de notre repas à la cafétéria la veille au soir. Nous allons bien trouver cet ingrédient lors de notre visite au restaurant car pour 47,20 € pour deux personnes, le rapport qualité / prix est tout à fait au niveau de la réputation que ma petite mexicaine avait fait de cet établissement. Nous y dégustons un excellent toast pain / tomate avant une salade composée de tomates, de jambon, d’une mâche et d’asperges. Une bonne tortilla succède à cet ensemble qui a bon goût mais nous ne pouvions pas terminer notre repas sans la « spectaculaire tarte au fromage maison » et sa confiture de myrtilles ou sans le pain à la cannelle que choisit ma pèlerine préférée. Bien sûr, nous ne sommes pas dans un restaurant gastronomique mais la qualité des ingrédients, la rapidité avec laquelle nous avons été servis et l’amabilité de la famille, du serveur à la maman fait de cette expérience un micro-événement tout à fait recommandable sur cette étape. Pour la petite histoire il s'agit là de la plus ancienne auberge du Camino Francés, ouverte en 1993.

La vie à l'auberge : il nous reste donc à terminer ces 800 derniers mètres et, alors que nous sommes bien maintenant dans un automne suffisamment avancé, nous sentons que la fin de journée approche. Après 25 kilomètres, la reprise du chemin est délicate et il nous tarde d'arriver. Adriana est inquiète de savoir si son sac de transport a bien été livré à la bonne adresse mais nous savons également que les deux auberges de pèlerins de Santa Irene, dont la dénomination proche peut prêter à confusion, se trouvent à proximité l'une de l'autre. Nous retrouvons une dernière fois la route principale. D’ailleurs le chemin a fait comme son possible pour l'éviter au maximum sur cette avant-dernière étape. Nous arrivons finalement à la bonne auberge et le sac d’Adriana est bien là.

Celle-ci n'a absolument rien à voir avec celle de la veille. Il s'agit d'une petite maison blanche et d'entrée nous sommes (bien) accueillis par une jeune demoiselle en tenue de circonstance. C’est l’employée de l'établissement. Si l'auberge El Alemán se veut résolument moderne et accueillante, l'auberge de Santa Irene tranche avec le contexte « hype » de Boente. Nous sommes dans une maison qui est restée volontairement dans son jus, à l'image de la cuisine que nous allons découvrir peu après et, malgré l’heure relativement tardive à laquelle nous entrons dans le l'auberge, il n'y a qu'un seul pèlerin. Nous découvrons d'ailleurs rapidement que ce pèlerin solitaire n'a pas la plus belle voix du monde et a tendance à occuper tout son espace lorsqu'il prend possession des lieux. Ce n'est pas la plus belle rencontre que nous avons effectuée, loin de là mais elle fait partie aussi des rencontres du Camino. Un couple de personnes d'un certain âge arrive pour dormir dans le même espace et la configuration de ce dortoir est un peu hybride. Nous sommes à mi-chemin entre les couchettes et les lits et, dans une une sorte d'alcôve, Adriana bénéficie d'ailleurs d'un lit complet pour elle seule. Ayant la possibilité de choisir en cette fin de saison, je dors bien sûr juste en face.

Comme nous sommes bien repus, nous n'allons pas profiter du menu pèlerin qui est proposé. Fatigués par cette succession d’étapes assez longues, nous n'allons pas tarder à nous laisser bercer par une dernière nuit. Dans ce hameau minuscule, il n'y a rien à visiter mais, curieux de la découverte de cette dernière auberge, j’effectue tout de même un petit tour du propriétaire. Je découvre à l'extérieur qu'il y a un petit parc parfaitement entretenu où vit le dénommé Toby. Il a même sa niche. Conformément à l'ambiance générale de cette auberge qui ne dispose pas de beaucoup de fenêtres et de grandes fenêtres, Toby se montre silencieux. La nuit tombe progressivement. A la vue des autres pèlerins qui peuplent les lieux et pour la première fois depuis le début du Camino, je prépare complètement mon sac pour être prêt à partir dès le lendemain. Il y a parfois des ambiances où l'énergie ne m'inspire pas et, même si l'auberge est tout à fait charmante et atypique, je ne m’attarde pas ce soir-là trop longtemps. Je tiens à profiter une dernière fois de rêves de chemin, avant de me retrouver, tout au bout, sur la Place de l’Atelier…



De Boente à Santa Irene (Google Earth)

Profil de l'étape : L'étape ne présente pas de difficultés particulières, mais le Camino, désormais Francés, est loin d'être de tout repos. Un profil très vallonné, surtout sur la première moitié du tronçon, vingt-cinq kilomètres au compteur, et une situation en fin de parcours général peuvent s'avérer pesantes sur la journée. Heureusement, certaines pauses sont aménagées à des endroits judicieux pour marquer un temps d'arrêt, et Arzúa, à la fin du premier tiers du parcours, peut redonner quelque énergie pour avancer.




Par ici la suite ! 15ème étape : Santa Irene - Saint-Jacques-de-Compostelle (22 km)

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