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Estonie, le voyage improbable (2ème partie)

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En réalité, il s’agira un peu des deux et je me ferai rappeler à l’ordre au cours du voyage par une Italienne lorsque je me demanderai pourquoi on ne parle pas que d’eau. Je renouvellerai l’expérience d’ailleurs l’année suivante à Séville en connaissance de cause. Nous n’allons pas nous attarder dans la capitale, et nous partons assez rapidement dans un bus trip à travers le pays, en tournant géographiquement dans le sens horaire inverse. Nous délaissons les ferries du golfe de Finlande, les quartiers d’affaires (que nous ne visiterons pas), les quartiers médiévaux (que nous visiterons à la fin, de retour vers l’aéroport), et les quartiers soviétiques anciens (que nous avons fui avec plaisir !).

Nous traversons tout d’abord Haapsalu et allons vers le littoral. Comme il s’agit d’un voyage improbable, entre travail universitaire et tourisme, nous sommes en permanence sur le fil entre les deux. C’est à l’image des universitaires : ce programme Erasmus est d’abord une fête mais pour justifier que l’Europe fonctionne bien et qu’elle est productive, il nous faut justifier notre venue aussi par la production d’articles à caractère scientifique. Il nous faut communiquer et écrire en anglais et, après que le groupe ait été séparé en workshops (ateliers « de travail »), je découvre que je suis le seul français qui reste et surtout le seul à parler français. Je ne me souviens pas exactement où cette séparation a eu lieu ni à quel stade de notre séjour, peut-être deux ou trois jours au plus après le démarrage. Toujours est-il que mon niveau d’anglais, surtout technique, n’est pas du tout à la hauteur et, dans ce pays où je suis déboussolé, en perte de repères, je peine à suivre les conversations des autres européens, et encore bien davantage les Estoniens. Maris me le rappellera d’ailleurs à mon bon souvenir cinq ans plus tard en Galice.

La petite maison dans l'Estonie

La petite maison dans l'Estonie
Juillet 2005

Nous découvrons le littoral et ses falaises blanches, ses côtes découpées, rocheuses et ses îles à proximité. Nous sommes surpris par la température ambiante dans ce pays nordique (par moment autour des 30°C, surtout à l’approche de la soirée : les journées estivales sont longues) et l’ambiance ne pousse ainsi ni au travail ni à la réflexion. Mais ce petit pays nous offre un très beau concentré. Les villages sont très propres et partagés entre les quartiers ouest, très dynamiques, jeunes et tournés vers l’Occident et les quartiers est, plus anciens, plus géométriques et tournés vers… la Russie. Les jeunes n’ont pas connu l’indépendance du pays, quatorze ans plus tôt, ou alors ils étaient trop jeunes et rejettent massivement l’usage du russe au profit de l’estonien, qui fait leur identité, mais aussi de l’anglais, car les emplois dans le commerce et la finance se développent très rapidement. Et le soir, les adolescents sortent leurs skate-boards et sont habillés « à l’occidentale », avec casquettes, pantalons et chaussures larges, avec la musique, les bières et le tabac qui vont avec. Nous trouvons d’ailleurs cette mode venue submerger une partie du pays assez drôle, et totalement en contraste avec notre visite d’une ancienne industrie dans le cœur de l’Etat, avec le marteau et la faucille comme emblème, devant les vitres cassées et le silence ambiant de l’abandon.

Le coucher de soleil se prolonge encore à Parnu, avec la sublime Plage des Filles (ou Ladies Beach dans le texte, même local). C’est une plage de sable fin, sur la Baltique, très étendue et il n’en faut pas plus pour que l’on aille y tremper les pieds. Après la visite de ces villes de pêcheurs, toujours impeccables, nous avons poursuivi notre route vers le lac Vorstjärv et le centre d’observation de Viljandi. Nous avons découvert la faune et la flore locale, et goûté à la fameuse spécialité du coin : la soupe d’anguilles, dans le restaurant du site. J’ai d’ailleurs été surpris de la vitesse à laquelle les serveurs retiraient les plats, à croire qu’il ne vous resterait plus que la table à manger à la fin !

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