Sur la route de Compostelle - Gironde / Landes à pied et à vélo (2022) - 4ème étape : Captieux - Mont-de-Marsan (68 km)
Les vacances reprennent à Captieux. Pourtant, il s’agit encore d’un lieu que l’on ne visite ou presque que si l’on est du coin, ou si l’on emprunte le chemin de Compostelle, sur la voie de Vézelay. Ce matin, le soleil est enfin de retour, et il va durer. Comme l’an passé, il a peiné à faire son apparition pendant quatre jours, avant de régner en maître sur le mois d’octobre. Sauf que cette fois, il ne nous reste que deux étapes et que ce matin, nous nous préparons tranquillement et avec le sourire pour le beau temps !
Le petit déjeuner se trouve directement dans le gîte. Avec petits pains industriels, il y a du lait, du café, ce qu’ont laissé les pèlerins précédents avant de partir et les puits d’amour d’hier, qui nous ont été offerts par Emmanuelle. D’après elle, c’est la spécialité du village et, si Karima ne les apprécie guère, j’en profite pour enfourner toute la boîte. Le puits d’amour, c’est une petite boule façon mini chou à la crème, sauf que vous remplacez la crème par du sucre. Le petit gâteau rond explose immédiatement en bouche, et vous laisse avec un goût sucré. 68 kilomètres, même à vélo à assistance électrique, cela justifie bien quelques écarts diététiques ! Alors je ne laisse rien et de toute façon, le gîte est fermé pour le week-end. Cela sent clairement la fin de saison dans ce village paisible, que nous quittons ainsi bien plus légers que la veille.
Je ne laisse rien et nous prenons garde à ne rien laisser sur place, car nous savons bien que s’il manque un élément d’un vélo, cela nous sera « facturé » ! Nous remercions Emmanuelle, non sans une petite pointe d’humour puisque cette année, nous sommes véhiculés et nous n’avons donc pas à faire appel à ses services pour retourner à Mont-de-Marsan. Même si Captieux peut nous fournir un peu de ravitaillement, nous choisissons de partir vers dix heures du matin avec nos provisions de fruits secs. Je sais aussi désormais qu’un bon café-restaurant se trouve à Roquefort, même si, la météo étant favorable, j’espère que nous pourrons tout de même éviter la petite ville.
La première partie du parcours est identique à la deuxième partie de la veille. Nous rejoignons assez rapidement Maillas, et utilisons l’assistance électrique pour faire face d’entrée aux premiers faux plats montants. Nous nous y arrêtons simplement pour nous assurer que tout va bien sur le parcours. Nous passons de nouveau par le no man’s land pour rejoindre Bourriot-Bergonce, et aujourd’hui nous prenons davantage le temps de profiter de la route, en roulant un peu moins vite. Il n’y a toujours pas âme qui vive ou presque pendant des kilomètres, et nous atteignons la petite bourgade aux initiales d’une ancienne chanteuse célèbre des années 1960 sans trop de peine. Nous y marquons une pause plus importante, pour nous désaltérer et nous ravitailler. La chapelle est aujourd’hui ensoleillée. C’est à partir de là que nous changeons de direction, pour passer par Saint-Gor, à 8,5 kilomètres de là. Le temps est toujours favorable, la température impeccable pour la pratique du vélo, et la route se prête mieux à se rapprocher de l’esprit de Compostelle. Nous croisons d’ailleurs le chemin en pleine forêt. A Saint-Gor, nous ne marquons pas d’arrêt particulier, et nous prenons la direction de Roquefort, où nous choisissons finalement de nous arrêter.
Karima et les VAE en pause auprès de la chapelle
Bourriot-Bergonce - 30 septembre 2022
Un faux-filet avant de se faufiler
Entre Saint-Gor et Roquefort, je profite du relief, plutôt en faux plat descendant, pour rouler sans assistance et comme la veille, j’arrive à Roquefort sans l’utiliser. Il faut quand même jouer un peu des cuisses mais je ne suis pas mécontent de m’employer. Karima ne le savait pas encore mais nous sommes arrivés à bon port plus tard aujourd’hui, soit à un peu plus de 13 heures. Je pense un temps retrouver les mêmes bérets au café-restaurant, mais les visages ne sont pas les mêmes. Sans trop hésiter, nous décidons de nous y arrêter pour prendre le déjeuner. Les falafels sont au menu, le faux-filet est toujours là et si le personnel a changé, j’apprends que le faux-filet est « le plat de tous les jours ». Karima retrouve encore les frites et commence à en faire une indigestion. Cette fois, nous pouvons manger à l’extérieur et laisser les bicyclettes à vue sans problème. Nous en avons aussi profité pour laisser les sacs accessibles.
Sur cette étape qui est globalement descendante, nous en venons même à apprécier le confort ! Nous avons du temps, ce qui aurait été un luxe l’année dernière, et dès lors nous pouvons repartir l’esprit tranquille. Il nous reste tout de même la moitié du parcours à effectuer jusqu’à Mont-de-Marsan, mais au vu de l’expérience acquise sur route, je choisis de ne pas aborder le retour jusqu’à la préfecture des Landes de la même manière. De toute façon, emprunter Compostelle nous a été formellement déconseillé par M. Baul.
Le menu du jour à Roquefort
30 septembre 2022
Nous quittons Roquefort pour l’ouest. Nous reprenons un temps la même route, et cette fois, toujours en tête, je dois faire face au vent d’ouest, qui s’il n’est pas très fort et ne nous perturberait pas à pied, pose des problèmes sur notre vélo. Je ressens la montée, le trafic qui est de retour alors que nous passons une dernière fois au-dessus de l’autoroute A 65, et je ne fais pas l’économie de l’assistance électrique. L’inertie de réponse de la batterie semble avoir encore augmenté, et elle a tarde à s’employer dans les dix premières secondes. J’ai choisi de modifier totalement le parcours pour arriver à Mont-de-Marsan le plus près possible de l’hôtel, en évitant le plus longtemps possible les routes principales. Nous quittons la D 626 pour emprunter une petite route en direction de Maillères et pendant quelques kilomètres, nous pouvons de nouveau rouler ensemble. Malheureusement, si les camions ont disparu et si les automobiles se font rares, nous devons toujours faire face au vent.
A partir de Ginx et jusqu’à l’arrivée, nous n’allons plus marquer d’arrêt. Piégé par le temps de réponse de ma machine, je me retrouve quasiment à l’arrêt lors d’une montée et je passe les 30 kilomètres par heure quelques secondes plus tard. Du coup, Karima se retrouve rapidement distancée de plusieurs centaines de mètres. Nous roulons désormais sur la D 53, il est tout juste 15 heures et avec la circulation et le vent, il apparait difficile de nous arrêter, d’autant que la fin d’étape approche. Nous traversons Canenx-et-Réaut d’une traite. Avant d’arriver à hauteur de la base aérienne, à moins de 10 kilomètres de l’arrivée, je coupe tout de même une dernière fois l’assistance électrique, parce que je ne parviens pas à trouver le rythme adéquat. Je poursuis avec la force des cuisses, qui s’avère être plus facile à maîtriser. Je n’arrive tout simplement pas à m’aligner avec le vélo, alors je préfère parler directement à mon corps, et dicter le rythme.
Fast and Furious
Cette fois, pour arriver au Fast Hôtel, où nous séjournerons deux nuits, j’ai besoin du GPS. J’ai reprogrammé le téléphone pour terminer sur Google Maps, mais celui-ci se met en veille régulièrement. Pour l’activer, j’appuie sur le smartphone d’un doigt mais marque un écart. Je reçois de suite un coup de klaxon d’un chauffeur pressé qui me dépasse sans marquer le mètre nécessaire. Je sais alors qu’il faut rouler comme en contre-la-montre, alors que quelques minutes plus tard, nous serons à l’arrêt pour deux jours ! Je ne pensais pas qu’avant l’heure de sortie des bureaux et des écoles, nous serions confrontés à une telle circulation urbaine, agressive et impatiente… Il me faut ainsi redoubler de vigilance dans ce qui ressemble à un toboggan grandeur nature. Nous alternons à la mène. Nous passons un dernier rond-point, traversons la Douze sur un pont et comme avec tout fond de vallée qui se respecte, il faut grimper. Je n’ai pas pu anticiper la dernière bosse, Karima repasse devant moi à ce moment-là en profitant de la meilleure réponse de son VAE. Nous débouchons désormais dans le trafic sur l’Avenue du Maréchal Juin, à quelques hectomètres de l’hôtel. Au vu de la circulation, et à l’arrière, je m’époumonne en signifiant à Karima qu’il faut tourner à gauche pour ne pas rater la bonne entrée. Le demi-tour serait complexe en la manquant. Nous y parvenons et mettons un terme à cette poussée d’adrénaline imprévue.
Nous sommes arrivés au Fast Hôtel. Nous en profitons pour rappeler Joseph Baul, qui nous informe qu’il va arriver entre quinze et vingt minutes plus tard. Dans l’attente, je réserve la chambre dans ce petit hôtel sans prétention ni charme, calé en bord de route, en face d’un hypermarché. On dirait plutôt un motel. J’entre dans la chambre, propre, mais je ne suis pas le premier occupant des lieux : je chasse les quelques araignées et moustiques qui peuplent l’endroit, dépose les affaires et revient à temps pour rencontrer notre loueur. Nous profitons de l’échange au sec pour débriefer sur ces 130 kilomètres. J’aborde rapidement le sujet le plus épineux de cet aller-retour : la lenteur de la réponse de la batterie. M. Baul parle technique, et je comprends alors le fonctionnement du kit : il faut tout d’abord rouler à bonne allure et à bonne vitesse puis se préparer à la montée en baissant la vitesse au niveau adapté avant de déclencher préventivement l’assistance. Pendant que vous êtes en roue libre, la batterie s’active alors et vous pouvez attaquer la bosse avec l’assistance nécessaire.
Nous nous quittons là, et notre loueur retrouve son matériel au complet, avec semble-t-il d’autres clients en attente. Il remontera seul les vélos sur son véhicule. Le choix du VAE a été le bon pour cet aller-retour à Captieux et nous sommes rendus avec une bonne fatigue, ou une fatigue « bonne ». Nous voilà là pour deux jours, et je sens déjà poindre un peu de nostalgie : il ne nous reste plus qu’à rejoindre Saint-Sever avant de clore cette édition 2022.
Profil de l'étape : Comme la veille, l'étape présente un parcours de 68 km mais avec une deuxième partie différente, puisqu'au lieu de passer par la route principale nord-sud, le parcours passe tout d'abord par Saint-Gor, avant d'obliquer plein ouest après Roquefort et même de remonter un peu vers le nord-ouest. Après Roquefort, soit à peu-près la moitié du parcours, le trajet bifurque rapidement en direction de la base aérienne de Mont-de-Marsan. Le profil ne présente pas de difficulté particulière et permet de rouler paisiblement dans la forêt landaise, parsemée de petits villages isolés.
Par ici la suite... et fin pour 2022 ! 5ème étape : Mont-de-Marsan - Saint-Sever (23 km)




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