Haut de page

Sur la route de Compostelle - Gironde / Landes à pied et à vélo (2022) - 1ère étape : Gauriac - Saint-André-de-Cubzac (22 km)

Lundi matin, le réveil sonne à 6 h 30. C'est l'horaire habituel, mais le programme s'avère chargé pour ce grand retour sur Compostelle et la voie de Tours. Nous déjeunons rapidement, mais en profitons quand même un peu. La nuit a été courte pour Karima, avec seulement trois heures de sommeil ! Je ne sais pas non plus quel sera son niveau de forme physique, alors que 22 kilomètres nous attendent entre Gauriac et Saint-André-de-Cubzac. 22 kilomètres, et pas un de plus, voir peut-être un ou deux de moins, en fonction du guide, de ce que nous dit aussi la page Web Calcul Itinéraires. Cette année, il ne doit pas y avoir de déjeuner sauté, de kilomètre supplémentaire, d'hébergement chez l'habitant de dernière minute, et le moins de pharmacie possible. Alors tout est presque minuté sur le chemin, et surtout les transports. Nous avons de nouveau deux bus à prendre pour rejoindre la gare de Bordeaux Saint-Jean, sans doute l'endroit que nous aurons le plus fréquenté sur la partie française de Compostelle. Je suis prudent et je sais que si nous ratons la correspondance, comme cela a failli être le cas la veille, il restera encore un autre bus pour arriver à l'heure à la gare.

Tout se déroule bien et nous pouvons quitter l'effervescence du lundi matin à Bordeaux, pour prendre le train de 8 h 31 en direction de Saint-André-de-Cubzac. Nous arrivons à bon port alors que le jour s'est levé sur le trajet, mais pas le brouillard qui enveloppe la petite ville où Maïté, notre hôte de l'année dernière, nous attendra le soir. C'est un jour de travail classique, et un jour de vacances original pour nous : il n'y a que Compostelle pour me pousser à repartir en arrière, et nous nous concertons pour savoir dans quel sens nous allons effectuer cette étape. Nous arrivons à la conclusion qu'il est plus simple de prendre d'abord le bus, plutôt que de partir "à contre-sens", car dans ce cas nous serions dépendant d'un horaire de bus, aléatoire, en pleine campagne. Et la ligne 201 ne passe que tous les trois heures... Du coup, nous prenons notre ravitaillement à la boulangerie et attendons le bus pour l'embarcadère de Blaye. A partir de 9 h 14, nous déroulons une partie du chemin que nous allons accomplir la journée, et la route nous paraît alors bien longue. J'ai indiqué au chauffeur que nous devions descendre à l'arrêt "Maison Franche". Vingt-cinq minutes plus tard, j'aperçois la longue ligne droite où nous avions pris le bus en sens inverse l'an passé et j'appuie avec sûreté sur le bouton de demande d'arrêt. Il s'agit de l'arrêt "Camp Haut", ce qui surprend le chauffeur. Il voit notre tenue de randonneur à la coquille magique et nous sourit en me répondant que nous n'en sommes pas à un kilomètre près. Et pourtant, j'ai passé du temps sur Maps à rechercher ce fameux arrêt, cette première entorse au programme sur ce parcours 2021.

Karima face à l'église de Bayon-sur-Gironde

Karima face à l'église de Bayon-sur-Gironde
26 septembre 2022

La marche vers l'inconnu... intérieur


Nous descendons et nous nous mettons tout de suite dans le sens de la marche. Un peu lassé par deux jours d'attente, d'hôtels et transports différents, j'apprécie le moment. Nous sommes frais, il fait bon même si le ciel est incertain. Karima reconnaît que la ligne droite débouchait sur le village de Gauriac, avec ses services de proximité mais je la conforte en lui disant que rien n'était peut-être ouvert l'année dernière à l'heure où nous serions passés, énervés, épuisés et perclus d'ampoules. Nous abandonnons la route principale à Francicot pour revenir sur la voie de Tours qui nous amène rapidement en surplomb de l'estuaire. Nos premiers "supporters" de l'instant nous croisent au hasard d'une petite descente et nous souhaitent bon courage pour ce nouveau chemin. Le premier point de vue nous propose un beau panorama à Bayon-sur-Gironde et nous devinons Bordeaux au loin, que nous avons quitté le matin. Je sens comme "un caillou dans la chaussure" après quelques kilomètres tout juste et j'en profite une première fois, bien plus prudent que l'an passé, pour vérifier déjà l'état des pieds. J'enlève effectivement un premier caillou, mais il s'avèrera le soir être un début d'ampoule !

Nous descendons en bord de Gironde et nous avons l'impression de nous retrouver dans un endroit un peu touristique, avec des maisons en bord de mer (fleuve) mais où la saison, voire les années, semblent être passées par là. Nous atteignons finalement Bourg à la mi-journée, à un rythme tranquille, et nous y cassons la croûte. Une petite fille avec son père viennent mettre un peu d'animation dans ce bourg paisible, où nous aurions dû plus sagement jeter l'ancre l'an passé à pareille époque. Nous devinons le chemin qu'il reste à parcourir, a priori pas si long car nous apercevons déjà les ponts métalliques de Cubzac-les-Ponts, signe que nous voyons déjà plus loin que l'arrivée. A Bourg, nous choisissons de nous équiper pour la pluie car le ciel, un temps, semble nous promettre quelques précipitations. Mais ma prévision météo du moment ne se réalisera pas, et nous entamons le Pré de Salargue, que je renomme alors "la rue du bien-être" due à la présence de psychologues, d'osthéopathes etc. sous un soleil de retour, avec la température qui remonte. Nous regagnons finalement la route avant de nous arrêter à la Place des Cons, un petit arrêt improvisé dans une station service où nous prenons une petite collation de fruits secs, pendant que le gérant semble s'ennuyer.

Karima sur les petites routes de Saint-Laurent d'Arce

Karima sur les petites routes de Saint-Laurent d'Arce
26 septembre 2022

Nous délaissons la RD 669 sur la commune de Prignac-et-Marcamps et nous affrontons alors quelques petits reliefs, dans un cadre de mitage, oscillant entre résidences et vignes, sans réelle clarté paysagère. Les kilomètres, peu à peu, commencent à se faire sentir sur cette première étape mais Saint-André-de-Cubzac n'est déjà plus très loin. Bourg, avec son église dominant l'estuaire, s'éloigne peu à peu à l'arrière et il faut maintenant être plus attentif sur le balisage de la Voie de Tours. Le chemin zigzague entre les vignes, de plus en plus fréquemment, et nous effectuons une dernière pause en surplomb de Saint-Gervais, la dernière commune que nous allons traverser. Il reste encore quelques kilomètres à parcourir et la fatigue commence légitimement à se faire sentir. Nous avions rythmé notre préparation en salle de sport mais cela faisait longtemps que nous n'avions pas effectué une telle distance à pied, avec un sac de 7,5 kg chacun, toutefois un peu allégé par rapport à 2021 (nous n'avons pas pris de tente pour cette année). Nous atteignons finalement Saint-André-de-Cubzac par une dernière ligne droite, à travers les champs et les vignes, dans la relative solitude du Château du Bouilh visiblement abandonné. Le temps sera resté incertain jusqu'au bout mais il n'aura pas viré à la pluie.

Retour chez Maïté


Comme l'année dernière, nous sommes arrivés tôt à Saint-André-de-Cubzac et comme l'année dernière, Maïté nous attendait au moins deux heures plus tard. Assoiffés, nous profitons d'un arrêt au bar pour nous désaltérer et nous retrouvons finalement notre hôte après l'étape au complet, heureux de la revoir, moins surprise visiblement de nous voir arriver à cette heure. Cette fois, je marche beaucoup mieux et je suis prêt à passer sur deux roues le lendemain, car je m'étais dit qu'il fallait absolument me préserver sur cette première étape. Karima a, bonne nouvelle, bien supporté également l'effort et se promet de passer une meilleure nuit que la précédente. Maïté ne propose pas le repas du soir, uniquement la nuit et le petit-déjeuner. Nous ne souhaitions pas retourner au Café de la Gare, au vu de l'accueil assez froid de l'an passé et d'un rapport qualité / prix plutôt décevant. Nous optons alors pour le Samaki, une autre gamme, mais la clientèle est plus affairée à fumer et à jouer du smartphone... Ce sera pour emporter donc. Au retour, dans la chambre, je me rends compte que le loueur de vélos demande une caution par chèque pour le trajet Mont-de-Marsan / Captieux, et le chéquier est resté à la maison. Qu'en sera-t-il ? Réponse dans un prochain épisode...


Profil de l'étape : L'étape comporte clairement trois parties et malgré un dénivelé cumulé faible compte tenu de la distance, le profil est relativement vallonné. Au départ de Gauriac (Camp Haut), le chemin retrouve l'estuaire de la Gironde, qu'il longe jusqu'à Bourg, où il remonte peu à peu. Il s'enfonce alors davantage dans l'intérieur des terres jusqu'aux vignes de Saint-Gervais, qui marquent l'entrée dans la dernière partie du parcours, pour rejoindre enfin Saint-André-de-Cubzac. Le chemin ne présente ainsi pas de difficulté particulière, mais il faut tout de même être attentif pour bien terminer l'étape, car il serpente entre les vignes à hauteur de Saint-Gervais.



Commentaires

Articles les plus consultés