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Sur la route de Compostelle - Gironde / Landes à pied et à vélo (2022) - Retour à Bordeaux

L'édition 2022 de notre périple vers Compostelle s'est présentée avec une semaine d'avance par rapport à l'automne 2021. Nous avons réussi à poser des vacances conjointes sur deux semaines, à cheval entre septembre et octobre. Pour partir, nous avons opté pour un trajet très proche de celui de l'année dernière, réparti en deux jours, mais entre la gare de Riom et la gare de Bordeaux cette fois. Comme nous avons déménagé entre les deux sessions, nous sommes partis cette fois du nord du département du Puy-de-Dôme. Nous attendions ce moment car nous n'avions pas pris depuis l'année dernière un vrai temps de vacances.

Cette fois, nous avons eu une correspondance ferroviaire à Nevers. Nous sommes tombés sur une dame visiblement éprouvée par la vie en quête de quelques sous. Je me suis alors dit qu'il était bien fréquent que ce genre de demande s'effectue en gare, car les gens y sont plus accessibles que dans un aéroport, et à l'arrêt. Nous avons poursuivi notre parcours en train jusqu'à Saint-Pierre-des-Corps, et nous savions que nous allions arriver relativement tard, à un peu plus de 21 heures. L'agent d'accueil de l'Hôtel Kyriad, où nous avions (bien) dormi un an plus tôt, nous informe alors que le restaurant est fermé, mais qu'une pizzeria se trouve à proximité, à environ cinq cents mètres de là, et qu'elle ferme dans une quinzaine de minutes. Le calcul mental est fait, nous avons tout juste le temps de déposer les affaires dans la chambre et de nous y rendre. J'indique à Karima la direction (c'est tout droit, à condition de partir dans la bonne rue dès le départ). Nous traversons un secteur en travaux et arrivons, dans le silence de la nuit qui s'est déjà abattue sur se secteur de banlieue de Tours, à Pizza Vio. Là, nous entrons et découvrons deux clients attablés, en train de déguster ou d'attendre leur repas. Le gérant et son associée (son épouse ?) nous dévisagent et nous attendaient visiblement, puisque dans un français hésitant, ils nous font comprendre que le directeur de l'hôtel a appelé, en indiquant que deux voyageurs allaient se rendre dans son établissement.

Pendant que la conversation s'engage, je dévisage le... visage du gérant (il doit avoir la cinquantaine) et je n'arrive pas à distinguer si son faciès est naturel ou indique un embarrassement. J'en conclus que les deux expressions sont mélangées. Nous attendons à notre tour notre repas, car nous sommes les derniers clients du soir, et quittons cette pizzeria qui semble être confondue avec le domicile conjugal (?), tant l'étage et les pièces environnantes m'y font penser. Nous retournons à l'hôtel garni de notre sésame gustatif, alors que nous nous étions promis que nous allions éviter cette année d'avoir recours à cette spécialité italienne.

Le lendemain, nous prenons la direction de Bordeaux. Comme prévu, la pluie s'était invitée par endroits la veille (surtout sur le secteur de Vichy) et la météo est encore capricieuse en ce dimanche matin. La gare n'est pas plus belle que l'année dernière et, cette fois, je n'éprouve pas du tout la même sensation. En 2021, ce départ sonnait comme une aventure : nous allions quitter le confort de l'hôtel pour deux derniers trains et ensuite, à nous le chemin... C'était tellement grisant et intimidant. Cette année, nous partions pour combler les étapes manquées de l'automne dernier. Nous avions connu le chemin, nous allions le retrouver en terrain connu. L'euphorie de la découverte laissait place à l'habitude et presque au devoir à réaliser. Nous retrouvions le TGV Atlantique exigu, à la différence près que nous allions descendre au terminus, à la gare de Bordeaux Saint-Jean. Un trajet plutôt court donc, et du temps, enfin, à Bordeaux. A l'arrivée, à un peu plus de 14 heures, Karima s'inquiétait de ne pouvoir déjeuner mais je la rassurais rapidement au vu de la taille de la ville : nous allions pouvoir nous restaurer sans problème.

Poulet & Co, et plutôt Co que poulet


Démarrait alors notre première quête de ce chemin cru 2022. Mon épouse, qui n'apprécie pas la cité, était peu emballée à l'idée de s'arrêter sur les bistrots de bord de gare, et s'imagine déjeuner au restaurant Poulet & Co, alléchée par les images de Google, sur le Quai de Paludate. Nous optons pour un premier trajet à pied (il y a un peu moins d'un kilomètre). Nous quittons l'agitation de la gare, modérée pour un dimanche après-midi ensoleillé mais frais, et partons dans les faubourgs de l'arrière-gare, complètement silencieux, et à l'atmosphère un peu inquiétante. L'odeur de l'herbe n'est d'ailleurs pas loin et nous retrouvons avec plus de sérénité les quais, qui sont en travaux. Nous pensons nous approcher du restaurant en question mais, après un coup d'oeil attentif à droite comme à gauche, nous n'avons pas de trace de poulet en vue. Il ne monte pas non plus aux narines... Que faire alors ? Il y a bien une terrasse avec des personnes attablés mais nous décidons quand même de partir à la recherche du fameux restaurant. Google Maps ne peut nous apporter plus de précision à quelques mètres près et nous nous rendons à l'évidence : Poulet & Co ne se trouve pas à l'endroit indiqué sur l'application ! Je tente ma chance dans une halle : la salle est déserte, ce qui n'est jamais rassurant quant à la qualité des plats, d'autant que la cuisine tourne. Au guichet, on me répond gentiment qu'il s'agit du restaurant mystère (pourquoi autant de monde pour aucun client ?) et, toujours affamés, nous rentrons dans une autre halle qui s'avère être la Halle Boca.

Karima tout sourire à la Halle Boca

Karima tout sourire à la Halle Boca
Bordeaux - 25 septembre 2022

Pas de doute, là, il y a du monde et du choix ! Nous mettons un temps avant de découvrir le concept d'un coworking pour (petits) restaurants et nous sommes surpris de trouver un tel lieu un dimanche après-midi, où la nourriture se vend à toute heure. Nous abandonnons l'idée du Poulet & Co et partons à la découverte des senteurs, avant de finalement s'arrêter pour un wok pas si extraordinaire. Je peux mieux mesurer l'endroit une fois assis, une fois que le temps s'arrête après un déplacement effectué sur deux jours. Je réalise que je ne suis plus à la maison, et l'endroit me rappelle alors Piura, où j'avais découvert ce concept sept ans plus tôt. Mes yeux et mes oreilles veillent, il y a du bruit et un peu de fureur, et je vois alors l'enseigne "Poulet & Co" sur ma gauche et les horaires ne collent pas à ceux du jour... Nous l'avons finalement trouvé alors que nous l'avions abandonné. J'isole la coriandre que je n'apprécie pas (je sais désormais que cette herbe que mon palais fuit porte ce nom-là) et nous observons une petite échoppe qui ne vent que des dunes blanches, mais qui fait un carton. Je souhaite une touche sucrée finale à ce repas et ces dunes blanches tombent à pic. Karima profite de l'accalmie et en commande quelques unes au bon moment, avant fermeture.

Première adrénaline


Nous quittons l'endroit rassasiés et retrouvons un Bordeaux partiellement silencieux. Il faut désormais nous rendre à l'hôtel - à Villenave d'Ornon - sauf que le Kyriad ne se trouve pas dans la zone de l'Ibis Budget, contrairement à l'an passé - et que le trajet final à pied depuis le tramway s'étendrait sur 2 kilomètres. Dans un secteur en plein travaux, ce qui contraint les bus à effectuer des détours, nous peinons à nous orienter et à choisir le trajet le plus adapté. Nous devons opter pour une correspondance d'autobus et, arrivés à un arrêt, nous avons tout le temps de voir le point de départ du bus suivant. Je profite de la queue à la montée pour courir et indiquer au chauffeur que Karima arrivera peu après. Nous montons dans le bus, qui nous dépose tout près de l'hôtel. Première adrénaline du chemin, à zéro kilomètre. Il nous faut nous organiser pour le lendemain, et après un dîner au restaurant La Boucherie (cela change du McDonald's authentique de l'an passé), nous ne devons pas trop traîner dans ce deuxième hôtel Kyriad.

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