Le Mexique est-il moins cher à l'achat ?
L’idée reçue veut que le Mexique soit beaucoup plus attractif en termes de prix par rapport à la France. Ce serait une raison de l’installation des Français comme expatriés. Mais est-ce vraiment le cas ? Pour le savoir, ou pour avoir tout du moins un début d’idée, je vais procéder à un comparatif entre les petites supérettes d’El Refugio, à Querétaro, et des supermarchés de taille comparable en France, comme les Carrefour City et les Casino Shop, qui proposent certes des prix plus élevés que dans les hypermarchés, mais qui sont des enseignes nationales reconnues. Il y aura aussi dans l’étude quelques produits non alimentaires. Je vais partir sur un taux de change de 1 € = 20,5 MXN (peso mexicain), sachant qu'actuellement le peso est plus fort et est tout proche d'un rapport de 1 à 20.
Conversion calculée sur la base indicative de 1 € ≈ 20,5 MXN.
Les prix équivalents en France sont donnés à titre comparatif sur la moyenne des grandes surfaces françaises.
Les petites boutiques alimentaires
La Tienda 3B est une enseigne hard discount. Littéralement, tienda signifie boutique en espagnol (ou tente) et cela s'applique à tout magasin plus petit qu'un supermarché. Quant à 3B, cela signifie Bueno, Bonito y Barato, ce qui se traduit par "Bon, Joli et Bon marché". La boutique veut donc proposer des prix cassés et concrètement cela se vérifie dans le magasin : si dans l'exemple que je propose il n'y a que des galettes, il est possible de trouver des packs de lait de La Vaca Blanca ("La Vache Blanche") pour 18 pesos mexicains (soit actuellement 0,90 €). La clientèle qui vient n'est manifestement pas une clientèle de luxe, et l'économie se voit partout : pas d'air conditionné ni même de ventilation (en mai, la température devait approcher les 30°C à l'intérieur), des rayons "en vrac" où il faut sauter sur l'occasion car les produits ne sont pas toujours renouvelés, une absence d'étiquetage et un rangement sommaire façon "tombé du camion" où les médicaments en vente libre peuvent se retrouver à côté des produits automobiles. Le service client se limite à la caisse et aux formalités d'usage mais le magasin, qui propose aussi des surgelés et des produits frais, peut suffire à la majorité des courses, à condition de bien s'organiser et de faire l'impasse sur des produits de meilleure qualité, notamment pour la viande. Lancée en 2005 au Mexique, la 3B, populaire mais limitée dans son offre, compte 3 400 enseignes sur tout le pays.
Avec 20 000 enseignes dans le pays, tout le monde ici connaît OXXO, une entreprise qui propose des points de vente de la taille d'un grand bureau de tabac dans chaque quartier d'une ville qui vaut le nom de ville. Conçu à l'origine comme un distributeur de boissons, la marque s'est étendue et remplit aujourd'hui plusieurs fonctions qui va de la vente de tabac à de produits alimentaires de consommation "rapide", en passant par la banque, la téléphonie mobile et, si je ne me trompe pas, les produits ménagers. Il n'y a pas d'équivalent du même type en France, même si les magasins Relay, que l'on trouve dans toutes les gares un peu importantes, peuvent s'y rapprocher. Pour "dépanner", j'y ai trouvé du cacao et du café soluble un peu moins cher qu'en métropole et des tostadas au maïs typiques du pays.
Super Q, pour "Super Querétaro" peut se positionner comme un concurrent direct d'OXXO, mais il centre davantage son offre sur l'alimentaire. Plus récents (apparus dans les années 90), les Super Q peuvent aussi proposer des locaux très petits, et orientés toujours sur les produits alimentaires et les boissons. On peut y trouver aussi en apparence quelques bonnes affaires, comme une concha de sabor vainilla pour 14 pesos mexicains (environ 0,70 €) alors qu'elle coûte plus du double dans les meilleures boulangeries, mais la qualité du pain proposé sur les autres produits est très aléatoire. C'est d'ailleurs un peu la règle ici : tout n'est pas bon à l'achat et il faut souvent faire appel au bouche à oreille pour dénicher les meilleures affaires.
Lacoste au milieu des élévateurs de Plaza Antea
Santiago de Querétaro (20 janvier 2026)
Les pharmacies et établissements de santé
Les Farmacias Guadalajara sont elles aussi connues dans tout le pays. Elles ont vu le jour en 1942 dans la deuxième ville du Mexique et se sont développées progressivement dans les 32 Etats. Elles ont la particularité d'être ouverte en permanence : vous pouvez ainsi aller acheter vos médicaments sur place un dimanche à trois heures du matin mais, comme les autres enseignes que j'ai présentées, elles proposent aussi de l'alimentaire ! Et entrent en concurrence avec les autres magasins. Elles sont bien sûr essentiellement axées sur l'offre de santé, mais vous pouvez aussi trouver sur place du pain ou des galettes, avec tous les excès. Au Mexique, il s'agit d'abord et avant tout de vendre et tant qu'il y a des clients, l'argent se moque bien de toute autre considération.
Les enseignes de sport
Decathlon est bien la marque française et c'est à Querétaro qu'elle s'est implantée pour la première fois en 2016. La ville, avec sa présence francophone et son environnement propice aux sports phares de la marque (randonnée et VTT notamment), constitue un bon terrain pour l'enseigne et elle a trouvé son public. Les prix pratiqués ne diffèrent pas de ceux relevés en France et se situent donc sur le haut de gamme pour le pays, mais à Juriquilla et près de la Plaza Antea, le critère économique ne pose pas de problème majeur pour sa clientèle. Les Mexicains, avec Maja, ont développé leur propre marque de sport, tout en s'orientant davantage vers d'autres sports, notamment le golf.



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