Morelos, le chemin initiatique (1ère partie)
Trois semaines après l'escapade d'une demi-journée près de la limite / frontière avec l'Etat de Mexico, nous avons de nouveau pris la route pour l'anniversaire d'Azúl, l'une des meilleures amies d'Adriana. Cette fois, direction le sud, et de nouveau en bus, une sorte de retour de mon premier trajet entre Mexico City et Santiago de Querétaro, le 19 novembre. Et même un peu plus loin, puisque Azúl et son compagnon argentin Gabriel habitent à Cuernavaca, capitale de l'Etat de Morelos. C'est le quatrième Etat mexicain que je vais connaître après Mexico, Querétaro de Arteaga et Guanajuato mais cette fois, l'Etat et la capitale portent un nom différent.
C'est un voyage pas comme les autres puisqu'il démarre le vendredi à 2 h 30 du matin, pour une sorte de week-end prolongé. J'avais fait en sorte de dégager mon emploi du temps sur cette période de quatre jours (du vendredi au lundi) puisque j'ai commencé à donner des cours de français pour la première fois le 23 décembre dernier et que, petit à petit, mon agenda "professionnel" se complète. Adriana s'est bien spur chargée de la logistique même si celle-ci implique pour nous de nous lever en pleine nuit. Le pari est de pouvoir dormir la seconde partie de la nuit dans le bus (je suis sceptique au vu de mon aversion pour les engins à quatre roues, surtout après l'épisode difficile du 19 novembre dernier) et d'être donc relativement en forme pour profiter pleinement du vendredi et plus largement du week-end.
Nous ne manquons pas le réveil. Nous avons pris nos précautions pour nous préparer pour le trajet la veille et, alors que les yeux piquent encore, nous n'avons qu'à charger nos affaires. Pour moi, il y a comme un air de déjà vu car nous partons avec mon sac à dos et ma valise de voyage, qui n'avaient pas bougé depuis l'automne dernier. A 3 heures du matin, un jeune voisin converti en Uber nous convoie jusqu'à la gare routière et, à cette heure-ci, Santiago de Querétaro est illuminée et silencieuse. Il y a peu de trafic et le trajet est donc des plus rapides et sécurisé pour arriver à bon port. Notre Uber man nous aide à décharger les bagages et nous nous rendons vers le guichet d'ETN (Enlaces Territoriales Nacionales), soit "Liaisons Territoriales Nationales", une compagnie de bus de premier plan, comme Primera Plus, au Mexique. L'employée au guichet a visiblement sommeil, mais nous parvenons à confirmer nos billets électroniques et attendons dans la salle d'attente que le bus soit annoncé. Connaissant mon risque de nausée, j'ai pris un médicament Nautamine avant de partir, et celui-ci va me donner sommeil, ce qui, compte tenu du contexte, tombe plutôt bien. En attendant qu'il fasse effet, nous attendons quelques minutes et rentrons dans l'espace d'embarquement.
Les employés sont vêtus impeccablement. Il y a un petit contrôle au scanner des objets dans la valise, façon AVE ou aéroport, et nous laissons la valise à un employé de la compagnie qui s'occupe de la charger (moyennant 10 pesos mexicains, environ 0,50 €), une pratique ici visiblement courante. De tout le voyage jusqu'à Cuernavaca (environ 5 heures de route et 300 kilomètres), je ne connaîtrai pas le visage du chauffeur. D'entrée, le bus montre son confort : toilettes soignées au rez-de-chaussée qui me rappellent le TGV, en tout cas de l'extérieur, et commodités aussi à l'étage. Je suis face à la route, au premier rang, et Adriana à droite. Nous sommes habillés pour un hiver mexicain (il fait 3°C au départ) et nous savons déjà que nous allons trouver à l'arrivée au moins dix degrés de plus, et même jusqu'à 27°C dans la journée ! Vers 3 h 50, le bus démarre, et peu après, le médicament fait effet : je sombre dans un sommeil d'abord profond, au contraire d'Adriana qui met, paradoxalement, du temps à s'endormir... Je ne suis réveillé que par mon corps qui ne peut s'allonger totalement sur un siège pourtant assez largement inclinable, et essaie de découvrir peu à peu un paysage qui m'a échappé une première fois sur le premier trajet. Mais non, je ne me réveille vraiment qu'à la vue du métro orange de Mexico City et, peine perdue, je ne verrai pas grand chose de plus de la capitale. Tout juste un arrêt unique ou fort logiquement, nombre de passagers descendent et montent.
Je suis davantage réveillé par la suite. A la sortie de Mexico City, la route s'élève pour quitter le plateau central aride au Puerto La Cima, à 3 100 mètres d'altitude, et je me rends compte que je viens de me trouver à l'endroit le plus élevé où je ne me suis jamais rendu (exception faite de l'avion bien sûr) ! Aucune route en France ne dépasse une telle altitude, et c'est même une situation rare en Europe, mais en Amérique Latine, c'est une situation fréquente. L'environnement a changé, à la frénésie de la capitale trois quarts d'heure auparavant succède une forêt d'altitude fraîche et humide, que je sais entourée de volcans. Les hommes ici font aussi les foins, mais au lieu de voir des bottes je vois plutôt des pyramides. Est-ce un présage de ce qu'il m'attend bien plus bas, à Cuernavaca, ou un autre jour sur des contrées mexicaines plus lointaines ? Je n'ai pas encore étudié la question.
Après le passage du col, en toute logique, la route, ou plutôt une autoroute à péage et à deux fois deux voies, descend. D'abord, celle-ci s'effectue dans un cadre de montagne à la végétation dominante, avant de s'ouvrir complètement sur Cuernavaca, située plus de 1 000 mètres en contrebas. La route n'est pas étroite, ni en lacets, mais quelques aires de freinage adaptées sur le bas-côté rappellent que la pente est marquée et que les freins peuvent chauffer. Un autobus à étage n'est sans doute pas le plus simple à manier. Le chauffeur pourrait entrer dans les temps à Cuernavaca mais, à l'arrivée dans la capitale de l'Etat de Morelos, il choisit se s'arrêter un (long) moment à la station-service.


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