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Jura : entre beauté, rudesse et force (2ème partie)

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Je me souviens de deux autres moments marquants. Les enseignants suisses avaient prévu, à la fin de l’année scolaire, une thèque géante dans un grand pré près du gîte. Malheureusement pour l’activité, ils avaient emmené leur chien avec eux et nous avons donc dû compter avec un joueur supplémentaire…, qui passait son temps à essayer de voler la balle entre chaque passe, ce qu’il réussissait souvent. Un autre moment, c’était mon arrivée en mai 2010 pour une petite classe maternelle de deux jours, alors que je revenais de la préparation du camp avec le Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ) qui allait se dérouler en août. La préparation avait eu lieu tout près de Paris, et j’avais été gavé d’agitation pendant ce week-end. Lorsque je suis arrivé dans le Jura, à près de 23 heures, j’ai été accueilli par le directeur et j’ai découvert un paysage éclairé par la Lune, mais si calme et paisible… A l’époque, j’avais encore l’énergie de préparer les activités pour le lendemain avant de m’endormir !

Une région aux accents forts


Je conserve de cette époque une image authentique de la région, à la fois faite de beauté, de rudesse et de force. Le Jura, c’est d’abord beau. Ce sont des paysages nets, avec de grandes vallées longilignes, des lacs, des plateaux d’altitude et des prés à vaches. Quelle que soit la saison, il règne un silence apaisant. En été, il vous repose et en hiver, il vous saisit. Le bâti aussi est beau, les maisons, souvent cossus, proposent des toits larges pour accueillir la neige, qui, lorsqu’elle tombe en abondance, embellit l’ensemble. Il y a bien sûr la gastronomique, avec le comté et la saucisse de Morteau, pour coller aux rigueurs du climat.

Routes du Jura suisse

Routes du Jura suisse
La Brévine - 25 septembre 2009

Le Jura, c’est rude. J’ai connu un repérage d’activités hivernales par -20°C, avec le blizzard et la neige qui envahit tout. Je vivais dans une situation paradoxale : j’avais à disposition, lors de la classe de janvier, une chambre pour moi seul (j’étais pendant cette semaine le seul animateur !) avec le chauffage, l’électricité, une douche chaude, et, un mètre plus loin, le froid ambiant régnait en maître sur les lieux. Le froid est prégnant et la région détient d’ailleurs les records français de températures négatives. Je me souviens que le vieux minibus de la petite société était d’ailleurs tombé en panne de batterie à la station service de Morteau ! Mais sur place, les gens sont habitués et n’ont pas peur de rouler sur les routes enneigées et verglacées. Gants épais, bonnets, bottes sont de sortie.

Enfin, le Jura, c’est une région forte. A l’image du personnel de La Combe d’Abondance, les gens ont un caractère bien trempé, avec un fort accent de l’est, mais sont très authentiques et ont fait preuve, tout au long des trois semaines que j’ai vécues sur place, d’une belle générosité. Ils ne comptent pas leurs heures, vivent des situations parfois difficiles sur le plan personnel comme sur le plan professionnel, mais ils m’ont accueilli avec beaucoup d’humanité. La semaine se terminait toujours par une dégustation du comté, toujours bien meilleur qu’au supermarché, avec son aspect doux et fruité.

Le Jura, c’est aussi la Suisse. Je ne pouvais quitter la région (à ce jour, je n’y ai pas remis les pieds depuis), sans franchir la frontière pendant quelques dizaines de minutes. J’ai ainsi profité du passage de la frontière à trente kilomètres environ de Morteau pour découvrir le lac des Taillères, près de la Brévine, à un peu plus de mille mètres d’altitude. Là aussi, je me souviens de la facilité à laquelle j’ai passé la frontière (il restait simplement le poste-frontière, où l’on pouvait facilement deviner l’ancienne barrière) mais surtout du silence qui régnait en maître sur les lieux. Il n’y avait pas âme qui vive, pas un bruit dans tout le secteur. Blotti au fond de sa vallée, un peu austère, un peu mystérieux aussi, le lac invite à la découverte mais aussi à la déconnexion. Ce fut ma dernière image du Jura et cette année 2009-2010, si vivante pour moi, m’a permis de découvrir le monde de l’animation des classes et de prendre un grand bol d’air frais à la fin de mes études. J’en conserve encore aujourd’hui de très beaux souvenirs.

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