Canada (Québec / Ontario) : Rêvons plus grand (3ème partie)
Suite de l'article...
La Mer
Nous nous apprêtons à quitter Montréal pour partir vers la mer, la vraie, que nous n’atteindrons d’ailleurs pas complètement. Mais, après avoir vu trois visages successifs – l’héritage olympique, la ville et son fleuve, la montagne – nous ressortons de la plus grande ville du Québec heureux d’y avoir découvert une âme multiple, entre traditions et modernité, gigantisme mesuré et fraîcheur de vivre. Nous quittons le Mont Royal, qui a donné son nom à cette très belle ville, aussi grande que verte, aussi ambitieuse que paisible, avec une vue sur les Appalaches et les Etats-Unis au lointain…
La ville est désormais derrière nous. Les grands horizons s’ouvrent, la route s’allonge, nous laissons Montréal, qui était si vaste, au loin ! Et d’un coup Montréal semble perdue au milieu de l’espace. Nous prenons conscience que nous allons doucement vers l’infini. Pour la première fois depuis janvier, nous avons même la sensation du froid, de nous rapprocher du pôle. Nous passons peu à peu devant un certain nombre de villages qui semblent là coincés entre les plaines à l’est et le fleuve Saint-Laurent qui n’en finit plus de s’élargir une fois passée la région de Québec. Nous achevons finalement notre périple à l’auberge de… L’Auberge-sur-Mer, avec sa cuisine traditionnelle excellente (Lily et Pierre-Olivier au service en viennent même à nous conseiller de lécher le beurre de pomme à la petite cuillère), la vue sur un estuaire immense et ses… huit petits degrés en soirée ! Alors, après des kilomètres de voiture, nous avons pourtant envie de tenter une escapade mais, où aller dans ces espaces qui n’en finissent plus ? Nous sommes coincés entre le fleuve, la route et la forêt. Finalement, il n’y aura pas d’autres activités que de se restaurer délicieusement et, après des mois à se battre contre les prix de l’importation, nous finissons par prendre inévitablement quelques kilos. Après avoir goûté à la peu ragoûtante poutine (sûrement mieux cuisinée ailleurs), il est temps d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté du fleuve le lendemain, soit le 8 août.
Un coucher de soleil sur le monde des Amérindiens
L'Auberge-sur-Mer - 7 août 2017
Pour traverser le fleuve Saint-Laurent, de plus de dix kilomètres de large, il nous faut revenir à Saint-Siméon et ainsi mettre le cap vers le Sud, pour un périple qui nous conduira jusqu’à Burlington, tout près de la frontière américaine, plusieurs jours plus tard. Sur une telle distance, ce n’est pas un pont ni un viaduc que nous allons franchir. Le fleuve l’emporte et nous contraint à prendre le bac, pour une traversée d’une heure. Le soleil, plutôt discret la veille, est de la partie et illumine les Laurentides, qui s’étendent en rive gauche en face. Dans l’attente du bac, nous visitons une boutique à l’effigie des Amérindiens, avec une statue en guise de présence… Comme s’ils nous attendaient de l’autre côté. La traversée s’effectue paisiblement, et quelques cétacés en profitent pour venir nous narguer dans cet estuaire aux limites improbables. A bord, tout est pensé pour combler l’attente des passagers, et le passage de la rive droite à la rive gauche sur ce qu’il faut désormais appeler « La Mer », est agréable malgré une certaine brise. Nous débarquons finalement plus au sud, après avoir contourné quelques îles boisées, et mettons le cap pour une journée paisible vers Baie-Saint-Paul.
Sur la rive gauche, à Saint-Siméon, nous sommes désormais sur le bouclier canadien, une des plus vieilles chaînes de montagnes du monde. Nous apercevons quelques routes qui partent vers les stations de ski environnantes, dont nous ne doutons pas des hauteurs d’enneigement hivernales ! Mais ici, tout le monde semble habitué et accepter les offensives annuelles du général Hiver. La route se tord, se cabre, et les pentes, si elles ne sont pas alpines, sont tout de même assez impressionnantes. Nous arrivons finalement en soirée à Baie Saint-Paul, toujours au bord du fleuve, et découvrons cette petite bourgade tournée vers le tourisme. Il n’y a rien d’animé, mis à part le centre, autour des spécialités québécoises et d’un bon feu qui n’est pas de trop. La région de Charlevoix est effectivement sublime, faite de silence et d’immensité, avec une nature qui, tout en courbes et en douceur, impose tout de même son gigantisme.
Après une nuit passée façon motel aux « Aux Portes du Soleil » (la chambre donne presque directement sur la voie), nous poursuivons notre route vers le sud et mettons le cap le 9 août sur Québec, autre ville essentielle de la province du même nom, mais plus ancienne que Montréal.
Par ici la suite ! Canada (Québec / Ontario) : Rêvons plus grand (4ème partie) (10 juin 2018)



Commentaires
Enregistrer un commentaire