Lettres galiciennes
C'est une dernière pause dans l'année. Les lettres galiciennes, c'est un hommage à un auteur galicien, dont le premier eut lieu en l'honneur de Rosalía de Castro en 1963. Ce jour spécial a été créé à l'initiative de l'Académie Royale de Galice. Cette manifestation, qui se traduit par un jour férié annuel dans toute la communauté autonome de Galice (le 17 mai), est l'occasion de défendre, promouvoir et diffuser le galicien dans le royaume ibérique. Chaque année, c'est un auteur différent qui est célébré et le 17 mai 2011 est le jour pour fêter Lois Pereiro. Je reviendrai sur l'auteur pour conclure cet article qui aura une forte tonalité gallego.
Aldea Nova, pour remettre les jeunes citadins au coeur d'un environnement oublié
Je vous avais laissé sur les hauteurs de Ferrol, à Narón ou à San Andrés de Teixido. C'était le 26 avril dernier. Les élèves avaient repris les cours ce jour-là par une sortie à Aldea Nova. Dans l'enseignement secondaire obligatoire, seule la classe de 1° ESO n'avait pas participé à cette sortie dans les reliefs atlantiques. J'avais été convié à accompagner les quelque 60 élèves présents ainsi que les trois professeurs en charge des matières scientifiques (Mathématiques, Physique & Chimie, Sciences Naturelles). A ce titre, si vous êtes fidèles au blog au moins depuis septembre, vous avez sans doute découvert à regret que je ne mentionne pas les prénoms des enseignants du collège Andaina. La direction du collège m'a en effet demandé de ne pas les préciser sur le YouthPass (certificat de compétences exercées au cours du SVE) et j'ai ainsi fait le choix, dommageable pour la lecture, de suivre ces recommandations sur le blog.
"En descendant de la montagne" - Aldea Nova (Narón)
26 avril 2011
Si vous avez visité la page Web d'Aldea Nova ("nouveau village", en galicien), en espagnol ou en galicien (drapeaux en haut à droite), vous vous êtes rendus compte qu'il s'agissait d'un espace ouvert aux sciences naturelles, à l'histoire et aux activités pour les jeunes. La toute première sensation que j'ai eue en rentrant accompagné par 60 personnes environ est celle d'être un intrus. Il y avait en face de nous plusieurs ouvriers déjà à la tâche sur le toit de la future salle de conférences, s'invectivant pendant toute la journée durant. Je ne rentrais vraiment pas chez moi (une sensation, rien à voir avec le personnel tout à fait cordial) et j'avais l'impression que tous ces jeunes devaient d'un coup lire un chapitre d'une époque qu'ils n'avaient pas connue.
Il y a deux ans, j'avais visité ce que l'on appelle en France un éco-musée, à Hures-la-Parade, aux confins de la Lozère. C'était un dimanche matin, il n'y avait personne, tout avait l'air tellement champêtre. Pas de prospectus tapageurs, pas de panneaux routiers extravagants pour accéder à ce site où l'on ne vient qu'une fois. Il n'y a pas meilleure définition pour le tourisme vert. J'avais pris une leçon d'histoire populaire, dans un monde sans eau, sans ville. L'éco-musée était situé dans le village et il y avait alors le temps. A Aldea Nova, j'ai ressenti rapidement une pression et bizarrement, le fait de ne connaître aucun mot espagnol de vocabulaire (et encore moins galicien) ne m'a pas inquiété : je n'en sais pas plus non plus en français. Pourtant, j'ai l'impression que tout a été construit de toutes pièces, ou qu'il s'agit de pièces rapportées. Des lits de paille, des cheminées de pierre, des brouettes terreuses : tout contraste avec la vision de l'adolescent corognais. Car comparé à ce monde, La Corogne apparaît comme une grande ville peuplée de jeunes ignorants. Pourquoi a-t-on ainsi besoin de faire connaître ce passé ?
Au cours de l'étape suivante, notre groupe de 20 jeunes (il y eut un roulement en trois étapes et avec une division du grand groupe en trois parties) a reçu ce que les collègues des Camps Inter-Jeunes de l'Est appelleraient un "Temps de Découverte Spirituelle" sur le thème de l'énergie. Qu'est-ce que l'énergie, qu'est-ce que le travail, qu'entend-on par énergie renouvelable, propre ? J'ai vu alors des ados parfois muets, regarder au sol, prenant la première pierre qu'ils trouvaient et la lançant sur une minuscule distance, pour occuper leurs mains pendant que le cerveau ne travaillait pas. Je ne peux mesurer l'efficacité d'une telle journée. Aldea Nova n'a que trois ans et demi et manque encore de place, de volume, d'animaux, de végétaux, d'eau et d'activités : il n'est encore pour le moment qu'une idée, qu'un projet. Mon groupe s'est amusé à faire cuire des fruits secs devant un mini-four solaire. Il a été moins motivé au moment de construire un mini-moulin... surtout qu'il fallait le faire tourner avec l'eau des toilettes ! La troisième partie a consisté en une étude du paysage environnant (nous avons conclu à une qualité paysagère médiocre due à la présence d'eucalyptus et d'artéfacts, d'où un manque de diversité), à l'usage du GPS et à la découverte de quelques plantes parasites nommées herba do rapozo en galicien / cuscuta en espagnol - cuscute en français.
Lors du pique-nique distribué dans la cuisine / réfectoire / salle de conférences, ce fut la lutte. Les jeunes n'étaient pas contents de ne pouvoir disposer de leur bocata (sandwich) contenant exactement les aliments demandés auparavant. Tout le monde a pu satisfaire sa faim, toujours sous les yeux des ouvriers au labeur, surtout que les empanadas au thon suivaient, bien grasses et avec en plus des bananes, qui n'est pas le fruit le moins énergétique. Le tour pour... un trajet retour en car jusqu'à Andaina à 16 heures.
Lettres de Padrón
Deux jours plus tard, j'étais aussi convié à accompagner le groupe de 4° ESO avec le professeur de castillan. Le bus était beaucoup plus petit puisque les élèves n'étaient que 8 à prendre le départ de Culleredo. Padrón, ce n'est pas nouveau, puisque j'y avais rendu déjà visite à Anete, désormais ex-volontaire lettonne. Cette fois, il s'agissait de découvrir un écrivain hispanophone, Camilo José Cela, et la fondation qui porte son nom. Nous avons été accueillis par une personne d'une bonne quarantaine d'années, qui pourrait être son biographe tellement elle connaît nombre de détails sur la vie de l'écrivain. La fondation est un bâtiment rectangulaire, longiligne, qui sent les odeurs de bois et de livre. Cela donne parfois envie (après un bon défoulement sportif) de s'asseoir dans un fauteuil et de feuilleter le livre écrit dans votre langue. En effet, les éditions en langue étrangère sont nombreuses et variées. CJC a écrit aussi des guides de voyage, après avoir effectué plusieurs courts pélerinages dans sa vie. La collection de diplômes, dont beaucoup ont été établis à l'occasion d'une visite, est impressionnante.
Les élèves de la dernière promotion d'Andaina ont ensuite été conviés à assister à une vidéo relatant la vie de l'écrivain. Comme souvent dans pareil contexte, la qualité de l'image mais surtout du son est fort médiocre. Dans l'obscurité de la salle, le confort des fauteuils moelleux invitait plus à la sieste qu'à la compréhension du film. Après une bonne demi-heure soporifique, nous avons eu droit individuellement à un cadeau sympathique : un ouvrage du Prix Nobel de Littérature 1989. Je me suis retrouvé en face de trois livres et je devais en choisir un. Deux évoquaient la mort, alors j'ai préféré le troisième, nommé Mrs Caldwell habla con su hijo ("Mrs Caldwell parle avec son fils"). Après trois ouvrages lus en espagnol pendant le SVE, plutôt consacrés à des enfants de plus de 10 ans, j'ai fait le grand saut... Le livre n'est pas épais, les chapitres sont très courts. Le vocabulaire est tout à fait abordable. Le niveau de structure de la langue n'a par contre absolument rien à voir, à tel point qu'il faut s'y reprendre à trois fois avant de comprendre un paragraphe.
Le reste de la sortie à Padrón est comparable aux kilomètres à pied que j'effectue sur chaque site. Nous sommes passés de point en point, du cimetière attenant à l'église au musée Rosalía de Castro, sans y rentrer faute de temps. J'ai eu l'occasion de découvrir à nouveau l'humour subtil du professeur, qui n'apparaît traditionnellement pas au grand jour. Nous avons eu droit à une nouvelle session bocata / empanada, beaucoup moins empoignée que la première, dans le Parc du Monte Santiaguino.
Mises en scènes
Le coeur du printemps est l'occasion pour les élèves de bourgeonner, de butiner. J'entends par là qu'il est l'heure pour eux de montrer leurs talents au-delà de l'enceinte du collège Andaina. Le Colegio Calvo Sotelo avait ouvert ses portes pour les élèves du collège Andaina ces lundi 2 et mercredi 4 mai, à l'occasion d'une compétition entre établissements scolaires. En raison de l'emploi du temps, je n'ai pu assister que partiellement aux représentations mais j'ai été enthousiasmé par la qualité des prestations musicales de Guille et Marta (6° EPO), tout comme théâtrales de Patricia et Grial (2° ESO). Un dialogue sous l'époque franquiste, pendant une heure, intégralement en galicien, ce n'était pas gagné d'avance, surtout lorsque Patricia devait passer pour une grand-mère un peu folle. Bien sûr, je me suis attaché aux aspects visuels plus que linguistiques mais mes oreilles se sont réveillées brutalement lorsque Marta s'est présentée face au public, interprétant un monument de la chanson française : Non, je ne regrette rien, d'Edith Piaf. Plusieurs regards malicieux se sont alors tournés vers moi. La salle n'était pas remplie, il devait y avoir tout au plus 40 personnes (personnel du collège immortalisant ces moments, parents et jeunes de primaire et de secondaire). Au bout de cette représentation heureuse, les applaudissements ont été soutenus, chaleureux, car il s'agissait aussi d'un bel aboutissement pour ces jeunes.
Autre mise en scène, autre décor, autres performances : o Dia da Festa da Ciencia na Rúa ("le jour de la fête de la science dans la rue") avait lieu le 7 mai au Parque de San Margarita, toujours à La Corogne. Je rappelle que l'Espagne ne célèbre pas le 8 mai par un jour férié puisqu'elle n'a pas pris part directement au second conflit mondial. Il s'agissait d'un week-end tout à fait traditionnel hormis pour tous les établissements scolaires corognais qui tenaient un stand ce jour-là sur cette butte de la ville. Les compétences présentées étaient diverses : jeux de tables géants, moteurs en bois, dernières nouveautés informatiques et le collège Andaina n'était pas en reste.
Joyeux lâcher de confettis - 16ème Fête de la Science au Parc Sainte-Marguerite (La Corogne)
7 mai 2011
J'ai écrit dans un des tous premiers articles que le bruit élevé m'avait surpris lors des premières classes, conforté par une émission de radio qui a affirmé que les Espagnols étaient le second peuple européen le plus bruyant. Voilà qu'un enregistreur de décibels avait été placé dans les classes, révélant des résultats intéressants... pour les enseignants. Dans le stand, un micro était brandi pour que par moments, le public s'amuse à s'époumoner, pour tenter de battre les 96 dB enregistrés. Un exercice assourdissant mais bien sympathique. Il y avait d'autres ateliers : la séparation de l'oxygène et de l'hydrogène contenus dans l'eau, la mesure de l'IMC ou Indice de Masse Corporelle (atelier où les jeunes ados pouvaient dire sans honte au public d'aller à l'hôpital...), nombre de maquettes et cet aquarium où vivaient des larves de sangsues, de lézards et de sauterelles dans la vase : moins ragoûtant que Fort Boyard...
Le canon de Rosalía (construit à l'occasion de l'Entroido) avait lâché ses confettis auparavant. Pour conclure la journée, il ne manquait plus que le traditionnel lâcher de ballons blancs au-dessus du planétarium. Ce fut chose faite à 19 heures, sous un ciel typiquement galicien, sur fond d'un autre monument de la chanson, anglaise cette fois.
Le bouquet final - 16ème Fête de la Science au Parc Sainte-Marguerite (La Corogne)
7 mai 2011
Nous en arrivons au Jour des Lettres Galiciennes, fêté comme il se doit au Collège Andaina, vendredi dernier. C'était là aussi l'occasion d'un troisième et dernier évènement particulier dans l'année scolaire pour les élèves et les parents, surtout pour l'Enseignement Primaire Obligatoire. Comme avant Nadal et l'Entroido (Noël et le Carnaval), les jeunes de l'ESO ont eu droit à un jour de relâche (football, basket-ball, discothèque) même s'il y eut des ateliers plus exigeants cérébralement (contes et publication du Xornal, alias journal du collège). J'ai probablement joué une des parties de football les plus intenses depuis le début. J'étais heureux comme un gamin d'enfiler 4 buts, ce qui a fait taire ceux qui disent "tu vois, en Espagne, on joue comme ça...". Toutes ces mini-provocations sont bien sûr bon enfant, dans un très bon esprit et témoignent une fois de plus de l'échange interculturel. Anecdote à ce sujet, Guille, 3° ESO, avait cru bon m'informer qu'à Aldea Nova comme en Galice, "se plantan los avestruces". J'ai quand même quelques notions de vocabulaire en espagnol pour savoir que avestruz signifie "autruche". Ainsi ce cher Guille voulait gentiment me faire tomber dans le panneau de l'ignorance. Je le lui ai fait remarquer avec un grand sourire, provoquant l'hilarité générale...
Retour aux choses sérieuses et la fête des écoliers a été réussie, peut-être un peu moins que lors de l'Entroido, où l'enchaînement des sketches avait frisé la perfection. Evidemment, la partie salésienne au fond de moi n'a pu qu'être ravie par la présentation des talents de chaque jeune (du chiste - truc ou blague - le plus simple à l'hymne galicien joué par Nicolas, de 5° EPO, véritable virtuose en herbe du violon). Les 3° EPO avaient appris l'hymne Os Pinos pendant la semaine, que je pouvais deviner aussi sur les lèvres des parents. Le gymnase réquisitionné pour l'occasion (enfin, car la taille est adaptée) a pu accueillir les familles autour de pâtisseries galiciennes, sous les petits drapeaux bleus et blancs de la communauté autonome.
Il n'y a rien de nationaliste dans ce genre d'évènement. Fort heureusement. La Galice a sa langue bien ancrée en elle. Notre professeur de français a livré le fond de sa pensée à ce sujet, en affirmant que pour pouvoir être aimée et diffusée, une langue devait se transmettre par passion et non par imposition. Je reste parfois perplexe devant la contradiction enseignants / élèves à Andaina. Je me retrouve devant un usage massif du galicien d'un côté, de l'espagnol de l'autre et j'ai parfois l'impression qu'ils ne parlent vraiment pas la même langue mais qu'ils se comprennent fort heureusement. J'avais évoqué le phénomène de l'intercompréhension entre espagnol / italien et espagnol / portugais brésilien que j'ai moi-même vécu mais au collège il y a un côté dérangeant : de quel côté faut-il pencher ? Le personnel du collège bilingue use d'ailleurs de ce bilinguisme parfois en s'adressant à moi, sans prêter attention. Sept mois plus tard j'ai acquis les bases du galicien mais je comprends toujours beaucoup mieux les bases de l'espagnol. Lorsque l'on sait que la connaissance du galicien est fortement inégale en Galice, que la langue est toujours sujette à invasion castillane et que c'est une question instable politiquement, je me pose des questions quant à l'avenir de ce thème-là.
Kinga, qui nous a rejoint dans l'appartement pour succéder à Alexandra à Andaina, ne se pose pas ce genre de questions. Elle a pour mission d'être auxiliaire de conversation en anglais et vu son niveau les élèves vont devoir s'accrocher et c'est tant mieux. Le hongrois, sa langue natale, n'est pas étudié à Andaina contrairement au français pour moi. L'anglais, la langue étrangère étudiée dès les premières années de l'EPO et vu par les parents comme la langue de référence hors contexte hispanophone, est pris au sérieux. Kinga devrait dès lors avoir beaucoup plus de facilité que nous en français pour faire aimer la langue. C'est tout ce que je peux lui souhaiter.
Pontedeume, une âme bleue et blanche
Je consacre le dernier paragraphe de cet article à la visite de Pontedeume, furieusement galicienne. Pontedeume signifie tout simplement Pont de l'Eume, du nom du fleuve qui se jette dans l'Océan Atlantique à cet endroit. Nous sommes dans les Rías Altas, à mi-chemin entre La Corogne et Ferrol, et le fleuve se jette plus précisément dans la Ría, qui a ainsi l'apparence d'un lac s'élargissant peu à peu et s'ouvrant ensuite totalement sur l'océan. C'est en me rendant à San Andrés de Teixido et à Aldea Nova que je découvris que Pontedeume avait un intérêt visuel certain, en plus des Fragas do Eume situées à proximité.
Je n'ai pas pu me rendre toutefois dans le Parc Naturel. La plage de temps prévue pour visiter le site (6 heures) s'est révélée trop courte et il vaut mieux découvrir le parc en voiture. Ce fut alors peine perdue mais la visite de 8 500 habitants (taille équivalente à Padrón) valait quand même le coup d'oeil. Je n'ai rien relevé d'extraordinaire mais le temps chaud et sec, totalement dégagé régnant depuis plusieurs jours sur la Galice a très bien mis en valeur les façades blanches typiques de la Marina. Il y a un petit patrimoine, des rues étroites aux pignons avancés, des petites boutiques au rez-de-chaussée, des terrasses remplies près de la mairie : j'étais bien hier dans une petite ville galicienne. L'intérêt de Pontedeume, outre son petit centre historique, c'est qu'elle est tournée toute entière vers la mer. Il n'y a non pas un mais trois ponts (ferroviaire, routier, autoroutier) et l'espace maritime est encore aménagé très intelligemment : nous sommes loin de la Costa Brava surchargée et bétonnée. Tout porte à une invitation à la découverte et il fait bon flâner sur les nombreuses promenades prévues à cet effet.
Il y a tout de même quelques superflus : les jardiniers vont débroussailler le moindre centimètre d'herbe et, comme à Perillo, les sirènes des autos aux couleurs des partis politiques résonnent dans toute la ville. Ce matin, j'ai même eu la cocasse visite de deux charmantes dames du PP (Partido Popular, droite espagnole) qui faisaient du porte à porte et invitaient les résidents à lire le programme du parti en ce jour férié. J'ai bien plusieurs raisons de ne pas voter ici : nationalité et durée de résidence. A 29 jours du retour en France, cela commence à sentir franchement la fin.
Par ici la suite ! Des oasis dans le désert (12 juin 2011)



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